Recherche en paysage & crise sanitaire

19 mai 2020

 
 

L'exemple du programme POPSU-Territoires “Magny-en-Vexin, une petite ville sous influence métropolitaine / à la recherche de son territoire perdu“

Déconfinement Recherche

Photo : Roland Vidal

Pendant toute la durée du confinement, une équipe de chercheurs de l'École nationale supérieure d'architecture de Versailles et de l'École nationale supérieure de paysage a elle aussi imaginé et adopté de nouvelles méthodes de travail.


Afin de continuer à former des apprentis-chercheurs et de respecter les engagements pris dans les programmes de recherche, le groupe de chercheurs s’est donc réorganisé. Roland Vidal, chercheur, explique : « Être confiné chez soi, pour un chercheur en paysage, c’est se priver de ses outils méthodologiques habituels : arpentage du terrain, relevés, croquis, rencontre avec les habitants, observations anthropologiques ou naturalistes, etc. »

Plusieurs outils ont été mis en œuvre par l’équipe du programme POPSU-Territoires1 “Magny-en-Vexin, une petite ville sous influence métropolitaine / à la recherche de son territoire perdu“2

Les programmes POPSU ont la particularité de devoir se dérouler sur un temps court, un an n’étant pas la durée habituelle pour un programme de recherche, fut-il de “recherche-action”. L’option d’une interruption pendant deux ou trois mois n’était pas non plus satisfaisante et a donc elle aussi été écartée. Aussi, les stages engagés ont été maintenus, afin de terminer dans les délais les cursus universitaires engagés.

Les processus méthodologiques ont donc été adaptés, comme ici décrits et détaillés par Roland Vidal :

« Les outils numériques ont été privilégiés, bien sûr, mais aussi et surtout les outils de communication. Si les enquêtes par téléphone ou par courriel sont d’ordinaire difficiles à conduire parce qu’elles sont trop souvent perçues comme intrusives, la situation n’a pas été la même en temps de confinement, une période où la population est plus présente à la maison et disponible, voire même heureuse de converser, répondre à des mails ou remplir des formulaires. »

• L’équipe a donc multiplié les entretiens téléphoniques, faciles à enregistrer grâce aux possibilités des smartphones (avec l’accord de l’interlocuteur, bien-sûr) et à partir desquels des formulaires d’enquête en ligne ont été élaborés puis diffusés. Pour aller plus loin : Framaform, l’une des applications Opensource utilisée

• Du côté des images, si les croquis de terrain ont dû être abandonnés, les représentations graphiques numériques ont, en revanche, été particulièrement développées, en utilisant notamment un outil collaboratif Opensource également, OpenStreetMap.

 
 
 
 


Carte Magny
 
 
 
 

Carte réalisée sur OpenStreetMap © Hugo Demaille

• Côté images, encore, les ressources existant sur le web ont été exploitées le plus possible. Une autre technique a permis d’exporter les documents de Géoportail (notamment) avec un peu plus d’efficacité que les multiples copies d’écran collées les unes à côté des autres, technique pratiquée auparavant. Il s’agit cette fois de récupérer, par exemple, des cartes ou des photos aériennes au format A0 et d’utiliser la fonction “Vue adaptative” que les navigateurs proposent en mode “développeur”.

Roland Vidal poursuit en citant Michel Corajourd : “Le paysage, c’est l’endroit où le ciel et la terre se touchent” et conclut « On le sait bien, cet endroit n’existe pas, puisque le ciel et la terre ne se touchent nulle part. Le paysage, c’est donc d’abord une affaire d’imagination, et l’imagination, elle, ne s’arrête pas avec le confinement. »


1 Programme initié par le Plan urbanisme, construction, architecture (PUCA). En savoir +
Le projet POPSU est une co-production de l'École nationale supérieure d'architecture de Versailles et de l'École nationale supérieure de paysage (plus précisément du LéaV et du Larep).
2 L’un des 10 projets lauréat de la session 2019. En savoir +