Colloque "Agricultures citoyennes et paysages vivants" - mai 2013

27 mai 2013

 
 

ENSP Versailles - Amphithéâtre de La Figuerie

Jeudi 30 mai 2013
9h30-18h30

Journée organisée par Mongi Hammami, responsable des travaux personnels de fin d'études (TPFE) et des colloques, bureau de la 4e année.
 
 
 
 

Contact

M. Mongi  Hammami

Tél.
01 39 24 63 27
 
 
 
 

Programme

9h30 - 9h45
Sortir du statu quo !

Une des conséquences de l'agriculture intensive des années 60-70, moins évoquée que les graves problèmes de malbouffe ou de pollution de nos nappes phréatiques, est la vitrification des paysages agricoles. L'immuabilité de la règle imposée aux agriculteurs de la productivité financière maximale a conduit également à les isoler, à les séparer lentement du monde citoyen. Cet isolement a naturellement conduit à des radicalisations des rapports entre citoyens actifs (associations, élus, consommateurs avertis...) et monde agricole. Mettre en oeuvre le développement soutenable de nos territoires nous impose de reconsidérer ces rapports et de sortir des affrontements stériles.
Penser nos territoires comme des espaces vivants, des espaces d'échanges est une nécessité. Des agricultures autres sont possibles et souhaitables, de nombreux agriculteurs y sont prêts. Loin de toute nostalgie, repensons ensemble les nouvelles agricultures, les nouveaux paysages... Le mouvement !
Olivier THOMAS, Modérateur du colloque. Maire de Marcoussis (91), Conseiller régional d'Île-de-France et Président de l'Agence des espaces verts de la région Île-de-France.

9h45 - 9h55
Habiter, Cultiver, Relier - Les hommes, les territoires et leurs projets

« Agriculture citoyenne et paysage vivant » / « Agriculture vivante et paysage citoyen », ces mots à la fois précis riches et ouverts, invitent aux combinaisons et appellent au projet.
Assemblés aujourd'hui, ils imposent un sens nouveau au projet de société, par la reconnaissance de leurs relations comme  condition nécessaire de ce projet.
« On a le paysage que l'on mérite »... alors pour être efficace à la production des réponses, il faut être impliqué et actif à la redéfinition des questions de société... Si l'agriculture est vivante, si l'agriculture est citoyenne, si elle est mise en perspective d'un intérêt collectif, durable et de long terme c'est bon signe... Bon signe pour le paysage social et politique, pour le paysage citoyen et engagé, bon signe pour le paysage vivant de notre société. Ainsi, « Agriculture vivante et paysage citoyen », acteurs impliqués de leur histoire, sont garants de l'avenir du territoire... C'est bon signe pour l'économie, l'équilibre et l'harmonie de nos territoires... C'est un bon signe de société, la condition de son projet.
Thierry LAVERNE, Modérateur du colloque. Paysagiste DPLG, Agence Laverne Paysagistes, Enseignant à l'ENSP Versailles- Marseille.

9h55 - 10h10
Quelles politiques publiques pour une agriculture citoyenne ?

Il s'agit de faire une synthèse autour des thématiques sur lesquelles travaillent les services régionaux de l'État, en partenariat avec les acteurs locaux de l'agriculture : la préservation du foncier agricole et de la fonctionnalité des espaces ouverts, les dispositifs pour une prise en compte de l'environnement dans l'agriculture, et les liens avec l'alimentation.
Marion ZALAY, Directrice régionale, Direction régionale et interdépartementale de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt d'Île-de-France.
20 minutes de débat ///// 10 minutes de pause

10h40 - 11h10
L'agriculture biologique pour réconcilier société et territoire

L'agriculture ne s'est jamais limitée à un rôle de production alimentaire. Elle est une agri-culture, c'est-à-dire une rencontre entre un écosystème, un agrosystème et des humains. Cette dimension a été dramatiquement oubliée par l'agriculture dite « conventionnelle » qui prévaut aujourd'hui dans une grande partie de la planète. Ayant isolé et magnifié l'agrosystème, elle ne survit qu'en contraignant et détruisant l'environnement et les hommes. À l'inverse, l'agriculture biologique vise à la reconstruction de ces relations multiples et à reprendre conscience du temps long et de l'instant. Pratiquée par des milliers de paysans à travers le monde, elle démontre que, de la même manière qu'un sol, un paysage agricole diversifié et équilibré redevient prodigieusement fertile : en aliments, en services, en biodiversité, en emplois... et en espérances et projets.
Jacques CAPLAT, Agronome et anthropologue. Fils de paysan, il a été successivement conseiller agricole de terrain (en conventionnel puis en bio), animateur à la Fédération nationale d'agriculture biologique, chargé de dossiers européens et impliqué dans des projets dans des pays du Sud. Il a notamment été secrétaire du « Groupe d'experts français sur les semences biologique » et l'un des deux représentants français sur ce sujet auprès de Bruxelles, ainsi que co-fondateur du Réseau Semences Paysannes. Formateur et auteur de nombreux rapports nationaux sur l'agriculture biologique, il est par ailleurs administrateur de l'association « Agir Pour l'Environnement », et l'auteur de « Cultivons les alternatives aux pesticides » (CEDIS / Le passager clandestin, 2011) et « L'agriculture biologique pour nourrir l'humanité » (Actes Sud, 2012).
20 minutes de débat

11h30 - 12h15
Pratiques agricoles et nature

L'agriculture contemporaine doit faire face à de grands défis, notamment produire plus en polluant moins. Pour cela la voie « technologique (guidage par satellites, logiciels d'aide à la décision...) est souvent privilégiée. La voie des « facteurs naturels » est moins spectaculaire mais plus satisfaisante. Elle consiste consiste à étudier et à traduire en pratiques agricoles des mécanismes naturels efficaces et parfaitement « durables ». Le cas de l'azote, « pivot » de la fumure, est particulièrement intéressant à analyser. Dans cette optique le boisement champêtre et les zones humides jouent des rôles importants et malheureusement sous-estimés dans les pratiques actuelles.
Succédant l'intervention de Joseph Pousset, Alain Richert, en tant que « questionneur », tentera de mettre en exergue les différents énoncés qui influencent directement la construction du paysage, de la chimie à la fiscalité, en passant par les subventions et autres remembrements.
Joseph POUSSET, Agriculteur et agronome. / Alain RICHERT, Paysagiste, Enseignant à l'ENSP Versailles-Marseille.
20 minutes de débat

14h00 - 14h30
Agriculture et biodiversité domestique au service du paysage

Au cours des dernières décennies, nous avons assisté à la mort du monde paysan. Avec lui, la fin d'une gestion ancestrale des territoires dont on rappelle l'évolution d'un point de vue paysager et biodiversitaire depuis le Moyen-âge. La réappropriation du paysage au cours du XXe siècle par l'agriculture industrielle va profondément le modifier et perturber les équilibres écologiques et systémiques de ces milieux. On a alors perdu de vue l'aspect patrimonial du monde paysan au bénéfice d'une vision plus globale et uniforme. Pour autant, les agriculteurs d'aujourd'hui ne doivent pas être des « jardiniers de la nature », mais plutôt les gardiens d'un patrimoine qui fait le lien entre l'homme et le reste de la biodiversité. Philippe Jacques DUBOIS, Ingénieur écologue, auteur, conférencier et directeur éditorial. Il travaille sur l'impact du réchauffement climatique sur la biodiversité (en particulier les oiseaux). Dans le domaine de biodiversité domestique, il participe activement à la conservation des races domestiques menacées, dans une perspective systémique, notamment en relation avec le terroir, que ce soit d'un point de vue ethnologique aussi bien qu'écologique et environnementale (Fondation du Patrimoine, Société d'éthnozootechnie). Il est l'auteur de plusieurs ouvrages sur ce le patrimoine domestique.
20 minutes de débat

14h50 - 15h20
Des campagnes vivantes pour le bonheur de tous. Du saccage à l'agro-écologie
L'auteur, cherche à développer et enrichir le débat à partir de cinq points essentiels : 1. Pourquoi et comment les paysans sont passés de la polyculture - élevage à la monoculture et l'élevage industriel ? 2. L'impasse économique, sociale et environnementale qui en résulte. 3. L'impérieuse nécessité de reconstituer les haies bocagères et les zonnes humides qui conditionnent : la biodiversité et la lutte intégrée contre les ennemis des cultures - Le climat et le bien-être des animaux - La reconquête de la qualité de l'eau, de l'air et des baies marines, et qui sont à la base d'un territoire où il fait bon vivre. 3. L'impérieuse nécessité de préserver et de remonter l'humus du sol. 4. Les moyens à mettre en oeuvre : l'indispensable révolution agronomique et fourragère. 5. Les avantages de la prairie incluse dans la rotation des cultures.
André POCHON, Agriculteur breton en Haute-Cornouaille. Il fut exploitant à Saint-Bihy, avant de prendre sa retraite en 1991. Il est connu pour être l'un des acteurs-auteurs de l'agriculture paysanne et de l'agriculture durable. Il a été distingué par l'Institut culturel de Bretagne pour son oeuvre en faveur de la Bretagne en recevant en 2011 le collier de l'ordre de l'Hermine. Parmi ces ouvrages : « Du champ à la source : retrouver l'eau pure », Éditions Coop-Breizh, 1988, « La prairie temporaire à base de trèfle blanc », Éditions CEDAPA-ITEB, 1996. « Les Champs du possible. Plaidoyer pour une agriculture durable », Éditions Syros-Alternatives Economiques, 2e édition en 1999. « Les Sillons de la colère », Éditions Syros-Alternatives Économiques, 2001. « Agronomes et paysans : un dialogue fructueux », Éditions Quae, 2008. « Le Scandale de l'agriculture folle », Éditions du Rocher, 2009.
20 minutes de débat ///// 10 minutes de pause

15h50 – 16h20
Dialogue agronomie-société
En poste à l’INRA, Jean-Luc Pujol, attentif aux débats science-société, comme agriculture-société. Les relations entre la science et les citoyens sont objets de controverses, le mot science citoyenne cristallisant des oppositions fortes. L’agriculture a vécue sa modernisation à marches forcées, modernisée, subventionnée, orientée. Les analyses historiques montrent que les politiques agricoles ont dû intégrer progressivement des attentes extérieures dont l’environnement. On parle maintenant d’agriculture citoyenne, de paysages vivants, d’agroécologie. Au moment de la coupe du monde de foot, nous sommes tous sélectionneurs. Dans la discussion relative à l’agriculture, sommes-nous tous agronomes ?
Jean-Luc PUJOL, Directeur, Mission d’Anticipation Recherche / Société & Développement durable - INRA.
20 minutes de débat

16h40 - 17h10
Un projet de paysage ouvert sur une exploitation agricole
L'intervention est centrée autour d'un projet mené depuis 2006 sur la ferme familiale de Vernand dans le nord du département de la Loire. Ce projet consiste en la réalisation sur une exploitation en agriculture biologique d'un projet réfléchit pour sa vocation productive tout en étant dynamique d'une campagne ouverte et partagée. Au-delà, ce projet s'accompagne depuis 2009 d'un projet collectif porté par une association créée dans ce sens, avec la mise en place d'un cycle d'art contemporain sur le site. La volonté est à la fois de réfléchir à de nouvelles formes de représentations, de pratiques, d'échanges et de relations sociales autour d'un projet agricole et vivant, en partageant de plus en plus la responsabilité et la pensée de la construction de l'espace agricole.
Rémi JANIN, Ingénieur paysagiste, diplômé de l'école du paysage de Blois. Il a fondé avec son frère Pierre JANIN, architecte, l'agence FABRIQUES à la suite d'un diplôme commun en 2006. Ils travaillent depuis essentiellement sur des projets et des études touchant aux problématiques agricoles. L'agence est basée sur le lieu de l'exploitation agricole familiale qui est le support d'expérimentation pour la construction progressive d'un projet d'architecture et de paysage agricole contemporain.
20 minutes de débat

17h30 - 18h30
Table ronde avec la participation des conférenciers, des étudiants, et du public invité.