Séminaire Agropaysage 2020 - 9ème édition

22 octobre 2020

 
 

Thème 2020 : Terres agropaysagères

Les étudiants de l’École d’agronomie de Nancy (ENSAIA), de l’École nationale supérieure de paysage (étudiants en 3e année de la formation menant au Diplôme d’État de Paysagiste et Master 2 Théories et démarches de projets de paysage) et de l’École d’architecture de Nancy (ENSAN) se sont retrouvés du 11 au 16 octobre à la Bergerie de Villarceaux, à l’occasion de la 9ème édition du séminaire Agropaysage.
 
 
 
 


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Cette année, les étudiants ont concentré leur réflexion sur l'écologie des déplacements de terres, les leviers de l'agriculture et de la construction. Avec, comme fil rouge, les notions de terre, sol et sous-sol, socle commun et central pour les agronomes et les paysagistes à partir duquel sont ressorties deux thématiques distinctes :
  • la thématique des carrières, ces terres qui donnent des matériaux qu'on exporte des sous-sols ruraux pour construire le milieu urbain et les infrastructures ;
  • la thématique des remblais, ces terres issues des chantiers de la ville, qu'on dépose, qu'on importe, qu'on épand sur les sols agricoles en milieu rural.
 
 
 
 


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Enjeux et objectifs du séminaire

La thématique du séminaire soulevait le problème de la concurrence avec les activités agricoles (épandage de déblais sur des terres agricoles ou extractions aux dépens des terres agricoles). Et si ces mouvements de terres étaient supports de projets agropaysagers nouveaux ? Quels projets agropaysagers proposer pour les sites d'anciennes carrières ou pour les dépôts de remblais sur des terres agricoles ?

Le questionnement prend d'autant plus de sens avec l'actualité des chantiers en cours du Grand Paris.

Dans le contexte actuel de changement climatique, et face à la nécessaire transition du secteur de la construction comme du secteur agricole, la compréhension des impacts des filières de matériaux sur les terres agricoles invite à positionner autrement l'agriculture dans le monde du bâtiment et des travaux publics. Quelle contribution de l'agriculture dans la transition du secteur du bâtiment, et notamment dans la transition énergétique de ce secteur ?

Comment cette contribution peut être une voie pour la transition du secteur agricole ? Les anciennes carrières ou décharges de chantier peuvent-elles se penser dans une meilleure relation aux enjeux d'écologie circulaire ou de relocalisation alimentaire dans les aires urbaines ? L'approche paysagère peut-elle asseoir ces positionnements nouveaux ?

Un des objectifs du séminaire a d'abord été de permettre un échange entre agronomes et paysagistes, dans leurs savoirs et leurs pratiques réciproques. Dans cette optique, des groupes mixtes, de différentes formations, ont consacré un temps de discussion autour des définitions de termes agroécologiques à travers la participation à un jeu concours lancé par Agreenium (https://dicoagroecologie.fr/). Ces définitions préliminaires reposent sur la conviction que la transition agroécologique de nos sociétés passe par une interdisciplinarité entre ingénieurs, experts et concepteurs.

En effet, développer une approche territoriale d'intégration agronomique, architecturale et paysagère de nouvelles filières de matériaux pour la construction constituait l'enjeu principal du séminaire afin que les participants acquièrent les rudiments de base pour :

  • comprendre finement la complexité des problématiques d'extraction et de comblement des terres agricoles dans le Vexin (de la géologie et la topographie aux filières économiques et choix politiques...) et se rendre compte des volumes nécessaires et déblais générés par les grands chantiers ;
  • dessiner les espaces nouveaux créés par ces extractions et déblais-remblais afin de permettre de nouveaux projets agricoles ;
  • penser le développement territorial issu de ces filières nouvelles de matériaux locaux (filières économiques, aménagement du territoire et identification à l'échelle du territoire des lieux les plus adaptés pour recueillir les déblais restants, en faire des supports de projet) ;
  • imaginer la multifonctionnalité de ces espaces agricoles remodelés : production de matériaux, agriculture, création de paysages nouveaux ;
  • interroger l'identité du Vexin, fortement liée à son sol agricole limoneux et fertile et son sous-sol calcaire identitaire, en inventant de nouveaux principes architecturaux ou de nouveaux principes constructifs.

 Partant de ces objectifs, les agronomes ont pu trouver des pistes de réflexion pour replacer la terre, le sol, le sous-sol dans la production agricole, réfléchir à l'aménagement spatial des parcellaires agricoles, imaginer la multifonctionnalité de l'agriculture, penser de nouvelles filières de production, questionner l'équilibre entre production de denrées alimentaires et matériaux biosourcés, s'inscrire dans des filières territoriales multi-acteurs, rendre concrète la transition agro-écologique et énergétique.

Les paysagistes, quant à eux, ont pu découvrir les outils nécessaires pour replacer la terre, le sol, le sous-sol comme support de l'espace, réfléchir à l'aménagement spatial au service de la transition agro-écologique, dessiner dans le paysage et dans l'identité culturelle du Vexin les nouvelles filières de production à différents niveaux (des champs au bâti), s'inscrire dans des filières territoriales multi-acteurs, rendre concrète la transition agro-écologique et énergétique.

 
 
 
 

Les sites d’études

Trois sites de projet ont été soumis à l’étude des étudiants :

  • le site des anciennes carrières de Hodent–Charmont avec une réflexion à l’échelle du village au travers la rencontre avec des élus et des agriculteurs : que faire sur la commune, avec les agriculteurs, pour développer d’autres matériaux ? comment valoriser les sites de carrières anciennes ?
 
 
 


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  • le site de Brueil-en-Vexin : comment faire autrement qu’en creusant ?
 
 
 
 


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  • le site de Flicourt : réflexion pour le valoriser, ouvrir le périmètre à l'ensemble de la commune et des terres alentours.
 
 
 
 


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Accompagnés d'Agnès Fournier, de Marc Benoît (École d'agronomie de Nancy), de Sophie Bonin, de Baptiste Gallineau et de Marie-Laure Garnier (École nationale supérieure de paysage), de Gwenaëlle Zunino (École d'architecture de Nancy) et de Héloise Boureau et Gaëlle des Déserts (CEV), les participants ont suivi un programme très riche qui leur a permis de restituer publiquement et en groupe un projet porté par des équipes mixtes composées d'ingénieurs, de concepteurs, d'architectes et de chercheurs.
 
 
 
 

Partenaires

Parc naturel régional du Vexin français - Communauté d'agglo Grand Paris Seine et Oise - Association Vexinoise de lutte contre les carrières cimentières (www.avl3c.org/vexinzone109)- Agence des espaces verts (www.aev-iledefrance.fr) - Chaire Terres et paysage de l'École nationale supérieure de paysage.

 

Photos : Gwenaëlle Zunino, 2020.