Retour sur le séminaire et workshop POPSU Métropoles

15 juillet 2021

 
 

Ressourcer l’étang de Berre : quels paysages en 2050 ?

Après une première marche exploratoire le long de la Cadière en janvier 2021, du 28 juin au 9 juillet 2021, l'École nationale supérieure du paysage, l'École Nationale Supérieure d'Architecture de Marseille (ENSAM) et l'Institut d'Urbanisme et d'Aménagement Régional (IUAR) d'Aix-Marseille Université ont organisé le workshop Ressourcer l'étang de Berre : quels paysages en 2050 ? Ce workshop s'inscrit dans le cadre de la recherche Le grand paysage comme ressource(s), soutenue par la Plateforme d'Observation des Projets et Stratégies Urbaines (POPSU) et Aix-Marseille-Provence Métropole, qui questionne les conditions d'une action métropolitaine par le paysage encore peu informée.

 
 
 
 
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Carte mentale de l'étang de Berre. Production : Valentine Gilbert et Florence Marais

Quatre équipes pluridisciplinaires, réunissant des étudiants, doctorants et jeunes aménageurs-urbanistes, architectes, designers et paysagistes, ont esquissé pour l'étang de Berre un horizon 2050 où la richesse de ses milieux, secs et humides, ainsi que leurs dynamiques ont orienté les réflexions et les propositions. Avec sept étudiants et jeunes paysagistes de l'École nationale supérieure de paysage du site de Versailles, l'approche par le projet de paysage a été centrale pour dessiner une trajectoire métropolitaine attentive au vivant.

Le territoire de l'étang de Berre, au moment où la restauration écologique de la lagune fait l'objet d'une attention nationale, a été un terrain d'atelier unique par sa valeur culturelle et écologique, comme par les enjeux de mutations urbaines, de reconversion économique et d'habitabilité qu'il concentre.

Le lundi 28 juin, le séminaire inaugural a croisé expertises scientifiques et regards d'élus métropolitains, également des amoureux de l'étang de Berre.

Xavier Daumalin, professeur d'histoire contemporaine et membre de l'unité mixte de recherche Temps, espaces, langages, Europe méridionale, Méditerranée de l'Université d'Aix-Marseille (AMU - UMR TELEMMe), est revenu sur le temps long de l'histoire industrielle de l'étang de Berre et de ses conflits environnementaux.

Matthieu Duperrex, maître de conférence et membre du laboratoire Investigations sur l'histoire et l'actualité des mutations architecturales et urbaines de l'École nationale supérieure d'Architecture de Marseille (ENSAM - INAMA), a proposé une lecture d'un paysage sentinelle d'une discordance, entre processus naturels et marche industrielle forcée, qui a atteint son point critique.

En conclusion, le député Jean-Marc Zulesi et le vice-président d'Aix-Marseille-Provence métropole Didier Khelfa, également président du Syndicat mixte pour l'étang de Berre (GIPREB) et maire de Saint-Chamas, ont pointé une volonté d'agir face à l'anoxie de l'étang et des ambitions partagées portées par les enjeux locaux de cette restauration écologique.

Les marches des 29 et 30 juin, organisées par le Bureau des guides du GR2013 et introduites par Jean-Baptiste Marie, directeur du programme POPSU, ont traversé les paysages du nord-est de l'étang de Berre, depuis les communes de Berre L'Étang, Rognac et Vitrolles.
 
 
 
 
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LyondellBasell comme horizon, 29 juin 2021. Photo : équipe Attractivité

Le 1er jour, des salins de Berre aux limites du site pétrochimique LyondellBasell en longeant la plaine agricole de l'Arc, la marche a permis l'expérience d'une succession de paysages et de milieux naturels, agricoles, urbains, industriels... et la rencontre de leurs acteurs. Elle a révélé des appropriations, des paysages productifs, des friches ou délaissés qui ont enrichis les propositions des équipes.

 
 
 
 
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Littoral de l'étang de Berre, 30 juin 2021. Photo : équipe Résilience

Le 2ème jour, du marais de la Tête Noire à Rognac jusqu'aux plages de Vitrolles, les marcheurs ont traversé des infrastructures, des lotissements pavillonnaires et des zones d'activités. Au fil de conversations avec le sociologue Michel Peraldi et la philosophe Aline Wiame, ils ont expérimenté la confrontation d'un paysage quotidien et balnéaire à des infrastructures industrielles et de transport. Ici la marche est une une source de connaissances in situ qui nourrit la recherche et une expérience poétique nécessaire pour activer l'imaginaire de l'étang de Berre.

 
 
 
 

La restitution des travaux d'atelier, le 9 juillet, a été menée par quatre équipes différentes (Sols ressources, Résilience, Habiter le risque et Attractivité) et a suivi les 4 axes ayant guidé les propositions :

 
 
 
 

Les paysages ressources de demain : sols, agriculture et industrie.

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Le sol accompagne la montée des eaux. Production : équipe Sols ressources.

Les paysages ressources du delta de l'Arc se recomposent avec les effets du changement climatique. Le sentier littoral suit la montée des eaux et Berre L'Étang devient une ville littorale qui tisse des proximités à son arrière-pays agricole.

 
 
 
 

La résilience des milieux anthropiques et naturels : biodiversité et aménités de la ville littorale.

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Les clés des résiliences de l'étang de Berre. Production : équipe Résilience

La résilience des milieux fragmentés s'appuie sur un système territorial, métropolitain et local, où les valats et les délaissés entre zones d'occupation des sols deviennent des espaces clés pour reconnecter les écosystèmes, les usages et les lieux.

 
 
 
 

Habiter les paysages du risque : milieux secs et humides face au changement climatique.

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Les milles paysages de l'étang de Berre. Production : équipe Attractivité

Habiter les paysages du risque, c'est envisager des scénarios d'incendie, de submersion ou d'accident industriel comme des outils pour aménager avec le risque et non plus seulement contre.

 
 
 
 

L’attractivité de l’étang de Berre au cœur des espaces naturels et paysages métropolitains.

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L'étang de Berre au coeur de la métropole. Production : équipe Attractivité

L'attractivité de l'étang de Berre compose avec une diversification de modes d'accès à des espaces souvent fragiles pour découvrir les mille paysages de l'étang. Les thèmes se font écho pour dessiner une trajectoire métropolitaine attentive aux lieux et aux milieux.

 
 
 
 

Les débats avec des élus et des acteurs des territoires de l'étang de Berre ou de Aix-Marseille-Provence métropole ont montré l'intérêt et l'urgence qu'il y a à développer des approches par le paysage pour des transformations opérationnelles de l'espace métropolitain.

Les travaux d'atelier témoignent d'un renouvèlement de la pensée aménagiste qui passe par une attention portée à la valeur des sols pour une réelle Zéro Artificialisation Nette (ZAN), par une capacité à composer avec les dynamiques naturelles pour accompagner le changement climatique, par des coopérations territoriales, jusqu'à l'échelle communale, pour faire face à des dégradations environnementales en s'appuyant sur des paysages-ressources, c'est-à-dire sur des valeurs paysagères et écologiques reconnues et partagées. La Workshop a initié des clés pour une action métropolitaine par et avec le paysage qui seront développées dans le dernier Cahier de recherche POPSU Métropoles.

 
 
 
 

Les travaux d'atelier ont été effectués par :

  • l'équipe Ressources composée d'Antoine Angot, Marie-Laure Garnier (École nationale supérieure de paysage), Falilou Bah (École Nationale Supérieure d'Architecture et de Paysage de Lille) et Agathe Maurel (Institut d'Urbanisme et d'Aménagement Régional d'Aix-en-Provence);
  • l'équipe Résilience composée d'Alice Caron (Artisans Cartographes), Antoine Fouquet (Sciences Po Bordeaux), Emma Morillon, Émile Murat (École nationale supérieure de paysage) et Ghita Serrhini-Naji (Université Technologique de Compiègne);
  • l'équipe Habiter le risque composée d'Alexis Campagne, Anaïs Malmazet (École nationale supérieure de paysage), Clara Soleilhavoup (École Normale Supérieure de Paris-Saclay) et Nancy Wilson (École Urbaine de Lyon);
  • l'équipe Attractivité composée de Lucie Constantin (École des beaux-arts de Marseille), Adriano Duarte (École nationale supérieure de paysage) et Robert Rossi (Université Technologique de Compiègne).

L'organisation et l'encadrement du workshop a impliqué à :

  • l'École nationale supérieure de paysage : Eugénie Denarnaud, Remi Duthoit, Jean Basptiste Lestra, Ken Novellas, Sylvie Salles, Laure Thierrée, François Wattelier ;
  • l'École Nationale Supérieure d'Architecture de Marseille : Alexandra Biehler, Éric Dussol, Isaline Maire, Séverine Steenhuyse, ainsi que l'équipe logistique ;
  • l'Institut d'Urbanisme et d'Aménagement Régional d'Aix-en-Provence : Jean Noël Consalès, Jean Dubois et Benoit Romeyer ;
  • Image de ville : Philippe Artières, Luc Joulé et Bruno Jourdan ;
  • Bureau des guides : Alexandre Field et Julie De Muer.

La recherche POPSU-AMP est conduite sous la responsabilité scientifique de Vincent Piveteau et Sylvie Salles de l'École nationale supérieure de paysage, en collaboration avec la Direction Projet Métropolitain de la Métropole Aix-Marseille-Provence : Michel Roux, Vice-Président et Vincent Fouchier, D.G.A ; et l'appui technique du service Paysages : Marc Del Corso et Florence Hannin. Elle associe des enseignants-chercheurs des trois établissements réunis dans l'Institut Méditerranéen de la ville et des territoires (IMVT) : École nationale supérieure de paysage, École nationale supérieure d'Architecture de Marseille et l'Institut d'Urbanisme et d'Aménagement Régional d'Aix-en-Provence.

 
 
 
 

Contact

Sylvie Salles, professeure au département Projet de l'École nationale supérieure de paysage et coresponsable scientifique de la recherche POPSU-AMP - s.salles@ecole-paysage.fr - 06 85 41 84 70