Retour sur l'atelier "Conduire le vivant" - février 2020

 
 
Les élèves de 1ère année du Diplôme d'État de Paysagiste ont participé à l'atelier "Conduire le vivant : le droit à l'erreur", à Marseille, au cours des trois premières semaines de février 2020. Cette 13e édition de l'atelier était organisée par le Département écologie de l'École nationale supérieure de paysage en lien avec l'équipe pédagogique de Marseille et en partenariat avec la Métropole Aix-Marseille-Provence. Les encadrants ont une nouvelle fois choisi de s'intéresser à deux parcs publics marseillais, ciblant des questions d'évolution des structures végétales ouvertes au public et liées également, selon les cas, à la présence ou à l'absence de l'eau du canal.
 
 
 
 
 
 
 
 
Photos : Rémi Duthoit

 
 
 
 

L’esprit de l’atelier

L’atelier « Conduire le vivant » adopte une attitude de projet jardinière, visant la simplicité des réalisations puis de l’entretien, l’économie et l’utilisation de ressources en place. Il s’appuie sur les ressources du lieu : plantes, animaux, riverains, usagers mais aussi matériaux éventuels glanés sur place. La mise en relations de différentes compétences pour transformer ce site avec les habitants est une attitude fondamentale de notre atelier. Avec peu de moyens et des modes d’actions manuels, des solutions concrètes, efficaces et singulières sont imaginées. L'atelier est précédé de trois jours d'arts plastiques permettant aux élèves de s'imprégner du site et d'une partie de ses problématiques.

Le "droit à l'erreur" implique une grande place à l’essai pratique, sur le lieu. Il permet certaines erreurs à condition d’en tirer les leçons. L’atelier intègre ainsi une phase de chantier collectif pour une mise en pratique des projets esquissés.

 
 
 
 

Les parcs choisis : Campagne Pastré et Redonne

Parc historique des quartiers sud de Marseille, le parc de la campagne Pastré se situe sur une des franges emblématiques du Parc National des Calanques. Le parc, structuré et public, a un réel rôle de transition entre ville et espace naturel protégé. Issu d’un héritage bastidaire, ce parc est conçu selon le code des jardins pittoresques et garde les reliques de l’usage de l’eau par gravité (réservoir, filioles). Certaines prairies, ont d’ailleurs servi au cours du 19ème siècle à la pâture de bovins. L’ensemble du système d’irrigation vernaculaire est condamné depuis de longue date. Le parc s’est refermé. Certains espaces ont été recolonisés par la forêt de pin d’alep et la chênaie verte.

Un peu plus en amont et en décroché du canal, le parc de la Redonne est juste à côté d’un lycée. Il n’a pas de vocation particulière mais il conserve encore des traces de canaux d’irrigation. Sur ces sites, les interventions se situent sur plusieurs lieux. Le but est donc d’expérimenter des situations d’évolution de la végétation en fonction des ouvertures, de l’ensoleillement, de l’exposition qui pourraient être créés.

 
 
 
 

Le contexte institutionnel

La Métropole Aix–Marseille-Provence s’intéresse à la création ou à la transformation de parcs à partir de matériaux existants sur place, basée sur une économie d’ensemble, avec peu de matériaux et un arrosage réduit, en un mot à la transition écologique appliquée au parc.

De son côté, le service des espaces verts de la Ville de Marseille s’intéresse à des modes alternatifs de gestion sur les sites dont il a la charge, dans une politique d’accompagnement des dynamiques naturelles, plutôt que dans une « mise sous perfusion » de structures végétales qui subissent directement les effets de la sécheresse.

Pour ces gestionnaires, l’irrigation est un enjeu qui soulève encore des questionnements. Comment aménager des parcs bastidaires dont l’héritage repose sur l’usage de l’eau et des parcs contemporains où la transition écologique repose sur la réduction de cette ressource ?
 
C'est ce à quoi les élèves de 1ère année du Diplôme d'État de Paysagiste ont tenté de répondre, encadrés par leurs enseignants, en travaillant avec les deux entités auprès desquelles ils ont présenté leurs rendus.