Rencontre avec Pauline Couleaud

28 septembre 2022

 
 

Retour sur son projet de fin d’études

Diplômée de l'École nationale supérieure de paysage, Pauline Couleaud a soutenu son projet de fin d'études (PFE) en septembre dernier à Versailles. Nous l'avons rencontrée afin qu'elle nous explique ce qu'est la préparation et la réalisation d'un projet de fin d'études et qu'elle nous raconte son expérience à l'école de paysage.
 
 
 
 
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Soutenance de PFE de Pauline Couleaud. Photo : Didier Plowy, septembre 2022

Peux-tu te présenter brièvement ? Quand as-tu rejoint l'École nationale supérieure de paysage ?

Je suis récemment diplômée de la formation menant au Diplôme d'État de Paysagiste à l'École nationale supérieure de paysage. Après un cursus scientifique à dominante en Sciences de la Vie et de la Terre, j'ai intégré une classe préparatoire en arts et design, puis un diplôme supérieur d'arts appliqués mention design d'espace. À la suite de ce diplôme qui m'a appris à concevoir à la petite échelle, j'ai souhaité également me former à la conception avec le vivant et à des échelles plus vastes, c'est pourquoi j'ai intégré la formation menant au Diplôme d'État de Paysagiste en deuxième année (ndlr : niveau M1).

Qu'est-ce qu'un projet de fin d'études en projet de paysage à l'École nationale supérieure de paysage ?

Un projet de fin d'études à l'école de paysage est une démarche de recherche et de conception, une prise de position sur un territoire et une ou plusieurs thématiques. Durant un semestre, les étudiants sont répartis en plusieurs classes encadrées par des enseignants référents. Ils choisissent et affinent un sujet, un territoire d'étude et de réflexion à mener en termes de transformation.

 
 
 
 
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La campagne urbaine nord limougeaude, vue de la Vallée de l'Aurence au niveau du quartier du Val de l'Aurence. Photo prise depuis la Petite Vergne, Limoges, Rive droite : Pauline Couleaud, 2022

Comment se fait le choix du sujet de PFE ?

Le choix du sujet de PFE se fait pour certains en amont, pour d'autres au fil des séances. Pour tous et toutes, il se précise au gré de l'analyse du territoire étudié. À Versailles, il provient d'un choix personnel, en relation avec l'identification d'une problématique située. Il est ensuite validé par les encadrants.

Quel est ton sujet et comment l'as-tu choisi ?

J'ai pour ma part décidé de travailler sur la mutation du territoire nord-limougeaud. Ce sujet a émergé entre une prospective, celle d'un déplacement d'habitants des grandes métropoles vers des villes à échelle plus réduite, et un constat spatial et chiffré, celui de mouvements démographiques du centre dense de la ville de Limoges vers une périphérie faisant coexister des éléments relevant de l'imaginaire collectif de la campagne et d'autres relevant de l'imaginaire collectif de la ville : des mouvements vers une « campagne urbaine » apparaissant comme désirée.

Il a fait suite à une première phase de collecte d'informations par différents moyens (arpentage, photographie, prise de notes, dessin, discussion, lecture d'ouvrages, analyse de documents d'urbanisme, exploitation de données cartographiques et statistiques, etc.) à l'échelle départementale (Haute-Vienne). Mon travail s'est axé sur la préservation de cette campagne urbaine et sur son amplification.

 
 
 
 

Comment s'organise la préparation d'un PFE ?

La préparation d'un PFE s'organise différemment selon les classes. Certains rendus sont communs, mais d'autres sont spécifiques. Cette année, il existait trois classes différentes : la classe « Conditions », encadrée par Marion Talagrand, paysagiste-urbaniste, et Benoît Barnoud, paysagiste DPLG et architecte, la classe « Disparitions », encadrée par Bruno Tanant, paysagiste, et la classe « Milieux », encadrée par Sylvie Salles, architecte, docteure en études urbaines. Des équipes pluridisciplinaires d'intervenants participent également ponctuellement au sein de chaque classe.

Dans la classe « Conditions », dont j'ai fait partie pour ce PFE, nous avons été également suivis par Céline Orsingher, paysagiste et plasticienne, Bertrand Stofleth, artiste et photographe, Axelle Grégoire, architecte, et Thierry Laverne, paysagiste.

Le travail en atelier s'est déroulé de février à juillet, échelonné en deux séquences.

La première a constitué une phase de recherche composée d'une large collecte permettant une analyse du site et de ses enjeux. Au fur et à mesure sont apparues les premières intuitions et intentions quant aux directions à prendre pour développer le projet.

La seconde séquence a été celle de l'élaboration, ancrant les intentions dans des transformations du territoire. Cette seconde séquence a fait suite à la période intense de la rédaction du mémoire et a démarré par une journée commune aux trois classes de PFE. Pour ma part, plusieurs phases de terrain ont ponctué ces séquences. La première était prévue dans l'emploi du temps, incluse dans une semaine de terrain commune au mémoire et au PFE. Les suivantes ont été effectuées selon les besoins.

 
 
 
 
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Extrait de maquette de projet, Parc Agricole Naturel et Urbain Aurençous-Borie, focus sur le site de la Borie, entre résurgences, perméabilités et interférences, 1/2000e, dimensions réelles : 100 × 70 cm, carton, épingles, filets et papiers, Réalisation et photo : Pauline Couleaud, 2022

Combien de temps a duré sa préparation ?

Sa préparation a duré de février à septembre (avec deux journées de workshop en amont afin d'amorcer un choix de sujet et de site).

Quelles sont les difficultés à surmonter en général ?

Les difficultés à surmonter peuvent être variables : autonomie dans la démarche de conception, gestion de l'équilibre du temps dédié au mémoire et au PFE, choix personnel de l'ancrage dans un territoire et une problématique, charge de travail...

Qu'est-ce qu'un rendu de PFE ?

Le rendu de PFE se fait sous la forme anticipée d'une plaquette de présentation, puis sous la forme d'une soutenance publique en présence d'un jury dont les membres sont, pour certains, internes et, pour d'autres, externes à l'école. Les objectifs sont de rendre compte du travail effectué, de la démarche d'analyse, de recherche et de conception dans le projet paysage.
 

 
 
 
 
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Une partie de l'affichage pour la soutenance, Limoges, entre vallées de l'Aurence et de la Vienne, Développement singulier au pays de l'arbre, de l'élevage et de l'eau. Réalisation et photo : Pauline Couleaud, 2022 

Quel(s) type(s) de rendu as-tu réalisé ?

J'ai réalisé une grande diversité de documents : cartes, plans, coupes, photographies, croquis, collages, maquettes, schémas, blocs d'analyse et/ou de projet. J'ai choisi de représenter de cette manière mon travail pour que l'on puisse bien se projeter dedans, de plusieurs façons, que l'on ait à la fois une notion des distances et des reliefs, grâce aux plans, coupes et maquettes, mais aussi des atmosphères créées dans le projet, avec des vues plus immersives.

Pourquoi avoir choisi de représenter ton travail comme cela ?

Les modes de représentation sont aussi venus avec la conception. Chacun des modes m'a fait découvrir des aspects différents de mon site qui ont induit des transformations. Ils ont donc été, au-delà d'outils de transmission ou de communication de mon travail, des outils utiles au sein du processus de création. Pour réaliser le plan du parc agricole naturel et urbain Aurençous-Borie, j'ai notamment créé un fond de plan contenant une superposition de toutes les données dont j'avais besoin pour dessiner le projet, par exemple le tracé de ruisseaux enterrés sous la ville de Limoges. Ce fond m'a permis de croiser les informations et de dessiner plus en relation avec le contexte du territoire.

 
 
 
 
03_Soutenance_Le_Parc_Agricole_Naturel_et_Urbain_Auren__ous_Borie

Présentation d'une partie de l'affichage pendant la soutenance, Le Parc Agricole Naturel et Urbain Aurençous-Borie, Trait et point d'union entre les campagnes urbaines, Plan au 1/5000e, grande coupe au 1/1000e, coupes zoom au 1/100e et 1/50e, bloc, croquis et collages. Jury : Patrick Moquay, Thierry Laverne, Marion Talagrand, Benoît Labbouz. Réalisation : Pauline Couleaud. Photo : Françoise Crémel, 2022

Quels sont les apports du PFE pour la formation ?

Le PFE nous entraîne selon moi à être autonomes dans la démarche de conception.

Et quels sont ses apports à titre personnel ?

À titre personnel, le PFE m'a aussi appris à regarder un territoire familier avec un œil nouveau et m'a permis d'acquérir de nouvelles connaissances dans différents domaines au travers de recherches effectuées dans son cadre : agriculture, géologie, hydrologie, etc.