Rencontre avec Clémentine Jolly

15 juillet 2021

 
 

À l'occasion de la réalisation de son projet de fin d'études

Étudiante en 3e année de la formation menant au Diplôme d'État de paysagiste à Marseille, Clémentine Jolly a soutenu, le 29 juin dernier, son projet de fin d'études visant à la création d'un parc au sein de la commune de Laçon-Provence. Nous l'avons rencontrée le 12 juillet dernier afin qu'elle nous présente le projet de fin d'études tel qu'il est organisé à Marseille, son sujet et le déroulé de sa soutenance.

 
 
 
 
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Portrait de Clémentine Jolly. Photo : Thomas Lambin

Peux-tu te présenter brièvement ?

Après avoir obtenu mon baccalauréat technologique en arts appliqués, j'ai entrepris un BTS Aménagement Paysager. J'ai d'abord choisi la pratique, en travaillant un an et demi dans des entreprises de création et d'entretien d'espaces verts. Ensuite, j'ai suivi la prépa d'Antibes, qui m'a aidée à intégrer l'école en 2018. J'ai choisi de rentrer à l'École nationale supérieure du paysage car elle est une référence en la matière.

Comment s'organise le projet de fin d'études ("PFE") à Marseille ?

Le projet de fin d'études à Marseille est mené en partenariat avec des acteurs de l'aménagement. Ces derniers, en concertation avec les encadrants pédagogiques, formulent des sujets qui nous sont attribués en fonction de nos vœux après en avoir pris connaissance. Ils définissent une commande que les étudiants peuvent redéfinir en concertation avec eux à l'occasion de l'état des lieux et du diagnostic. Ces échanges ont pour but de nous mettre en lien avec le monde du travail et les contraintes qui y sont liées. Cela nous permet d'appréhender les jeux d'acteurs autour d'un territoire.

Combien de temps dure la préparation d'un projet de fin d'études ?

Nous avons commencé nos travaux début février et les avons présentés les 28 et 29 juin derniers.

Quel était ton sujet et pourquoi l'avoir choisi ?

Mon sujet de projet de fin d'études consistait à créer un parc central dans une commune, Lançon-Provence, qui servirait de lien entre des entités urbaines mais aussi de maillon de liaison à l'échelle de la Métropole Aix-Marseille Provence, le partenaire commanditaire. J'ai choisi ce sujet car la ville est au cœur d'un patrimoine agricole important, et c'est un volet du paysage que j'affectionne particulièrement, y compris lorsqu'il s'agit d'agriculture urbaine.

 
 
 
 
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Site du projet de fin d'études de Clémentine Jolly. Photo : Clémentine Jolly

Est-ce que tu peux faire un résumé de ton PFE ?

Tout d'abord, j'ai réalisé un diagnostic à l'échelle territoriale, afin de comprendre le territoire et les enjeux liés à ce dernier, afin de comprendre pourquoi le parc lançonnais était important. J'ai découvert un territoire maillé par les massifs, par l'agriculture, par le parcours de l'eau, qu'elle ait une vocation énergétique (canal EDF) ou d'irrigation (canaux de Craponne). J'ai établi une stratégie sur différentes échelles, du grand territoire, où il est nécessaire de relier les différentes communes du bassin de vie Lançon-Provence, Salon de Provence, Pélissanne, Étang de Berre, au parc qui fait lien entre centre historique et zone d'activité.

Il a été question de penser un réseau de mobilité douce, franchissant les grandes infrastructures (canal EDF, D113 particulièrement dangereuse). Ce réseau vient s'appuyer sur une trame verte et jaune, que j'ai choisie de renforcer dans chaque typologie d'espace. Ainsi les délaissés de la zone d'activité viennent être généreusement plantés ou cultivés. Le parc Saint-Anne est agrandi et intègre également des espaces de fruitiers, de cultures en agroforesterie et de garrigue. Les espaces offrent alors de nouveaux usages tout en s'intégrant dans leur territoire, en incluant des "bouts de paysage local".

Quelle forme prend la soutenance ?

C'est un oral de 20 minutes suivis de 20 minutes d'échange avec les partenaires et les encadrants. Cet échange vise à améliorer nos travaux en vue d'une présentation éventuelle en mairie, sur site, avec des acteurs locaux. Cela nous permet de voir les points sur lesquels nous devrons être vigilants lorsque nous serons dans le monde du travail. C'est une présentation faite avec un diaporama et l'affichage de 2 A0 de synthèse (voir les page 1 de A0 et page 2 de A0). Nous devons également rendre une plaquette A3, qui résume toute notre démarche depuis le diagnostic, un résumé texte A4 ainsi que 2 à 4 planches illustrées commentées et légendées en anglais.

 
 
 
 
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Soutenance de Clémentine Jolly, 29 juin 2021. Photo : Claire Ayard

Quelle est la composition du jury ?

Le jury de la soutenance se compose de nos encadrants, pour ma part, Guerric Péré, paysagiste fondateur de l'agence Ilex à Lyon, et Antoine Petitjean, urbaniste dans l'atelier Philippe Madec à Paris, ainsi que des enseignants qui nous ont suivis lors de notre cursus. Les partenaires y sont également invités et peuvent s'exprimer sur les travaux présentés.

Quels sont les apports du PFE pour la formation de paysagiste-concepteur selon toi et quels en ont été les bénéfices à titre personnel ?

On apprend, pour un même projet, à réaliser différents supports en fonction des interlocuteurs auxquels nous sommes confrontés et de bien organiser notre discours, présenter clairement notre projet étape par étape, y compris pour des néophytes. À titre personnel, je retiens qu'il faut toujours tenir bon par rapport à nos valeurs et aux idées que nous voulons diffuser dans un projet, qu'il faut avoir confiance en soi et en son travail pour être force de projet et convaincre notre auditoire.

Quelles sont tes perspectives professionnelles après l'obtention du diplôme ?

Je vais dans un premier temps, d'ici le printemps prochain, monter, avec mon ancien patron, un bureau de conception de jardins dans le golfe de St-Tropez. Il s'agira d'accueillir le public dans nos locaux pour qu'il puisse avoir connaissance de notre travail et proposer aux particuliers comme aux professionnels du paysage mes compétences de conception et de communication visuelle. Dans un futur plus lointain, j'aimerais faire du projet de territoire ou travailler pour des structures qui façonnent du paysage et des espaces publics pour le plus grand nombre (CAUEs, collectivités...).