Rencontre avec Alexandre Laban

28 septembre 2022

 
 

Retour sur son projet de fin d’études

Diplômé de l'École nationale supérieure de paysage, Alexandre Laban a soutenu son projet de fin d'études (PFE) en septembre dernier à Versailles. Nous l'avons rencontré afin qu'il nous explique ce qu'est la préparation et la réalisation d'un projet de fin d'études et qu'il nous raconte son expérience à l'école de paysage.

 
 
 
 
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Soutenance de PFE d'Alexandre Laban. Photo : Didier Plowy, septembre 2022

Peux-tu te présenter brièvement ? Pourquoi avoir choisi de te former au paysage ?

Je suis originaire du Sud-Ouest de la France. J'ai rejoint l'École nationale supérieure de paysage en 2019. En sortant du lycée, j'avais envie d'apprendre concrètement un métier. Après une année d'hésitation, je me suis réorienté vers le BTS aménagements paysagers. J'avais besoin d'être dehors, et envie de prolonger et de mettre en pratique mes cours de Sciences de la Vie et de la Terre qui me passionnent depuis l'école primaire.

En BTS, les cours de conception m'ont très vite intéressé. C'est durant cette formation que j'ai découvert l'école de paysage. Après avoir obtenu mon BTS aménagements paysagers au lycée agricole de Montardon, j'ai effectué une année à Montreuil, au lycée des métiers de l'horticulture et du paysage Jeanne Baret pour préparer le concours commun d'entrée aux écoles de paysages. Cette expérience fut fondatrice. Elle m'a permis de développer ma capacité à dessiner à la main et m'a fourni un bagage important de connaissances pour intégrer l'école de paysage sereinement.

Le paysage regroupe de très nombreuses disciplines, scientifiques, écologiques, géologiques, etc. Pour devenir paysagiste, il faut être à la fois sensible, méthodique et curieux. Je me suis reconnu dans ce profil grâce à mon année de préparation.

Pourquoi avoir choisi de rejoindre l'École nationale supérieure de paysage ?

C'est le cadre de l'École nationale supérieure de paysage qui a retenu mon attention. D'abord la proximité avec Paris, mais aussi le Potager du Roi, qui est un endroit exceptionnel. J'avais besoin d'espace extérieur pour respirer après mon année d'études à Montreuil dans un tout petit studio !

Aujourd'hui, quel est ton projet professionnel ?

Je suis de retour dans le Sud-Ouest pour me ressourcer quelque temps et développer des projets personnels liés au paysage que j'ai en tête depuis un moment. Je souhaite rapidement partir pour travailler quelques années en agence, dans une ville dynamique comme Nantes ou Bordeaux.

Qu'est-ce qu'un projet de fin d'études en projet de paysage à l'École nationale supérieure de paysage ?

Le projet de fin d'études est un passage obligé pour les futurs paysagistes. C'est un exercice très libre qui nous permet d'explorer pleinement les domaines qui nous passionnent dans le paysage. Il peut mener à des projets de tous types traités à des échelles très différentes. Il nous permet de développer notre manière d'appréhender le projet de paysage et de forger notre propre regard sur le rôle du paysagiste.

 
 
 
 
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Quel était le sujet de ton PFE et comment l'as-tu choisi ?

Je voulais travailler sur un territoire que je connaissais bien : la vallée de l'Ousse dont je suis originaire. C'est une vallée au pied des Pyrénées dominée par un paysage agricole remembré.

Les projets de remembrement ont vu le jour en France après la seconde Guerre Mondiale avec la mise en place d'une nouvelle politique, ayant vocation à rendre l'agriculture française plus productive et exportatrice. Cela s'est traduit par des projets de remembrement qui ne prenaient pas en compte les spécificités des territoires et qui visaient à regrouper les terrains autour des fermes pour augmenter au maximum leur surface cultivable. Ces projets fragilisent les équilibres des espaces et créent des plaies sociales béantes. En tant qu'étudiant en paysage, ce type de projet me questionne.

L'agriculture et ses pratiques risquent d'évoluer encore durant ces prochaines années. Mon objectif est de mettre en place des stratégies pour accompagner ces transitions. Mon PFE prend le contre-pied d'un projet de remembrement en s'appuyant sur le temps long, au rythme du végétal. C'est une perspective qui met en lumière de nouvelles façons d'habiter une vallée agricole à l'horizon 2100.

 
 
 
 
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Comment s'organise la préparation d'un PFE ?

Le travail de PFE commence à l'école par une analyse orientée du territoire. Les informations récoltées sont ensuite confrontées au terrain grâce à un arpentage de plusieurs jours. Celui-ci nous permet de déterminer plus précisément notre zone de travail. Ensuite, le projet de paysage se dessine en réalisant des allers-retours entre les échelles, du 25 000e au 200e environ.

Combien de temps dure sa préparation ?

La préparation du PFE est importante, c'est l'exercice de projet le plus long, qui dure environ huit mois. La journée de lancement se déroule début février et la soutenance en septembre, à Versailles.

Quelles sont les difficultés à surmonter en général et quelles ont été tes difficultés ?

Les difficultés sont liées à l'emploi du temps qui est très chargé en dernière année. Il faut à la fois travailler son mémoire et son PFE. Il faut être organisé et savoir gérer son stress dans les moments importants.

 
 
 
 
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Soutenance de PFE d'Alexandre Laban. Photo : Didier Plowy, septembre 2022

Qu'est-ce qu'un rendu de PFE ?

Le rendu de PFE est un oral de 20 à 30 minutes, pour présenter son projet, suivi de commentaires et de questions du jury pendant environ 30 minutes. Le format du rendu est très libre : plan, maquette, vidéo, coupe, croquis, etc. Certains documents reviennent souvent, tels que le plan de l'existant et le plan de projet au 25 000e, la maquette, le croquis d'ambiance...

 
 
 
 
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Des lieux pour se nourrir et se rassembler au coeur du village. Production : Alexandre Laban

Quel(s) type(s) de rendu as-tu réalisé ? Et pourquoi avoir choisi de représenter comme cela ton travail ?

J'ai choisi de ne pas réaliser une grande quantité de documents, mais plutôt de me concentrer sur un petit nombre. L'intérêt était de faciliter la compréhension tout en optimisant les documents pour qu'ils puissent en dire le plus possible.

J'ai donc réalisé une courte vidéo pour restituer l'atmosphère des lieux, puis une carte qui retranscrit mon analyse orientée du territoire, couplée à un bloc coupe qui met en évidence le relief et l'occupation des sols.

J'ai ensuite élaboré des cartes mentales pour décrire les activités humaines présentes et futures. Tout cela m'a permis de me pencher sur un plan de l'existant et un plan de projet au 25 000e, accompagnés d'une grande coupe détaillée.

Pour finir, j'ai dessiné des perspectives et une vue à vol d'oiseau pour montrer comment s'ancre mon projet dans le paysage.

 
 
 
 
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Chemin de la plaine agricole à Garrue en 2100. Production : Alexandre Laban

Quels sont les apports du PFE pour la formation ?

Le PFE est un fabuleux accélérateur dans notre formation. Il nous permet de nous améliorer sur tous les plans et de mettre à profit nos années d'études antérieures en remobilisant tous nos acquis.

Et quels sont ses apports à titre personnel ?

À titre personnel, c'est un travail que je souhaite partager aux différents acteurs de la vallée.