Palmarès des jeunes urbanistes 2020

25 novembre 2020

 
 

Deux anciens élèves primés

Décerné tous les deux ans depuis quinze ans, le Palmarès des jeunes urbanistes récompense les talents de l'aménagement du territoire. Ces jeunes professionnels se distinguent par leurs réponses ingénieuses aux grands enjeux urbains et territoriaux d'aujourd'hui et leur capacité à défricher les territoires. Cette année, nous avons l'immense plaisir de compter parmi les lauréats de ce palmarès, deux anciens étudiants de l'École nationale supérieure de paysage, également fondateurs de l'agence de paysage et d'urbanisme, Altitude 35 : Benoit Barnoud et Clara Loukkal.

 
 
 
 
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Benoit Barnoud et Clara Loukkal, fondateurs de l'agence Altitude 35

Réuni le 12 juin 2020, à l'initiative d'Emmanuelle Wargon, ministre déléguée auprès de la ministre de la Transition écologique, chargée du Logement, le jury du Palmarès des jeunes urbanistes 2020 a choisi de distinguer 6 lauréats sur les 61 candidatures reçues.

Les six groupes primés traduisent une véritable diversité de profils issus de la sphère de l'urbanisme. En effet, ont été récompensés cette année aussi bien des professionnels issus de l'architecture ou du paysage (FCML et Altitude 35) que des collectifs déjà ancrés dans le paysage professionnel français (Bellastock et Yes We Camp).  Des représentants de la stratégie urbaine et de l'ingénierie de projet (le sens de la ville) ou encore de la permanence architecturale et urbaine de la programmation ouverte (Sophie Ricard) font également partie du palmarès.

Les diplômes leurs seront remis à la fin de l'année 2020 à l'occasion de la célébration du Grand prix de l'urbanisme. En attendant, les lauréats doivent organiser, avec l'appui de la Direction générale de l'Aménagement, du Logement et de la Nature (DGALN), des rencontres avec les acteurs locaux sur leurs terrains d'action. Celles-ci sont destinées à tenir compte des réalités territoriales qu'ils accompagnent, qu'elles s'incarnent au cœur des métropoles, des villes moyennes ou des territoires ruraux. Seront au cœur des débats et discussions, les questions fondamentales sur lesquelles ces jeunes professionnels travaillent : la qualité de l'espace public urbain notamment des grands ensembles et des périphéries de ville, les friches urbaines et leur reconversion, ou encore l'émergence de projets dans le périurbain. Toutes les formes d'intervention qu'ils proposent sont en lien avec la préservation des sols, l'urgence climatique et la création de biens communs. Aujourd'hui, les approches paysagères, écologiques, culturelles et sociales deviennent des indispensables et constituent le champ large de l'urbanisme.

 
 
 
 

Le jury du palmarès des jeunes urbanistes 2020

  • Le Président Jean-Baptiste BUTLEN, sous-directeur de l'aménagement durable à la DGALN

Les membres :

  • Marie Douce Albert, journaliste, Le Moniteur,
  • Clément Bollinger, agence Caudex, (lauréat du Palmarès des jeunes urbanistes 2018),
  • Paul Citron, plateau urbain (lauréat du Palmarès des jeunes urbanistes 2016),
  • Marie-Hélène Contal, Cité de l'architecture et du patrimoine,
  • Fabienne Fendrich, service de l'architecture, ministère de la Culture,
  • Sylvain Grisot, agence Dixit.net,
  • Guillaume Hebert, une fabrique de la ville (lauréat du Palmarès des jeunes urbanistes 2007),
  • Jean-Baptiste Marie, PUCA,
  • Sandra Marsaud, députée de la Charente,
  • Hugo Reveillac, président du Collectif National des Jeunes Urbanistes,
  • Marie-Christine Vatov, rédactrice en chef de la revue Traits Urbains
 
 
 
 

L'agence ALTITUDE-35

Située au bord du bief n°3 du canal Saint-Denis, à l'aplomb de la courbe du Cornillon, l'agence tire son nom de ce site spectaculaire qui s'élève à une altitude de 35 mètres au-dessus du niveau de la mer.

Fondée en 2017 par Clara Loukkal et Benoît Barnoud, Altitude 35 est une agence de paysage et d'urbanisme qui s'appuie sur une démarche singulière, la géographie comme levier de fabrication du projet. En effet, la topographie, l'hydrographie, la géologie et la nature des sols sont envisagées comme les déterminants de l'évolution des villes.

La géographie, discipline phare de la démarche de projet

 
 
 
 
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Rochefort - carte métabolique de l'estuaire de la Charente réalisée par Altitude 35

La géographie s'incarne de différentes manières dans le travail de l'agence.

D'un point de vue conceptuel, cette discipline traduit les interrelations entre sociétés humaines et environnement naturel qui se retrouvent dans le projet d'un jardin, d'une place ou encore d'un maillage viaire.

Sur le plan méthodologique, la démarche de projet s'apparente à la « géographie de plein vent » convoquée par Eric Dardel pour décrire l'approche sensible ; par le terrain et l'observation directe d'un géographe comme Elisée Reclus.

Enfin, ce recours à la géographie se révèle par l'utilisation de l'outil cartographique comme propos à la fois analytique, prospectif et synthétique. Le cadrage, la légende et la nomenclature engagent le projet.

Une approche paysagère commune aux deux fondateurs

Cette approche située du projet est le fruit de deux parcours complémentaires. Si Clara Loukkal s'est d'abord formée à l'urbanisme et Benoit Barnoud à l'architecture, c'est dans l'exercice du paysage que leurs points de vue se rejoignent.

 
 
 
 
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Besançon - campus de la Bouloie - axonométrie route de gray réalisée par Altitude 35

Le paysage, transversal par essence, n'est pas considéré comme un simple ornement introduit en bout de chaîne dans la construction des territoires, un faire-valoir, ou pire un argument de communication. Les deux fondateurs envisagent le paysage avant tout dans sa dimension structurante et systémique.

La triple transition écologique, climatique et énergétique implique de reconsidérer la place qu'occupe les paysagistes au sein des groupements et de redéfinir de manière symétrique la commande et les modalités de leurs interventions. Pour répondre à ces impératifs, les deux professionnels tendent leur réflexion vers plus de transversalité avec des objectifs de résultat à court, moyen et long terme. Ainsi, ils appréhendent l'agriculture, le tissu industriel, le système des mobilités et la ville comme un tout, alors même qu'auparavant ces disciplines étaient considérées comme autonomes.

Dans ce contexte, la spécificité de l'approche du paysagiste tient aussi bien à sa capacité à synthétiser différentes approches disciplinaires qu'à combiner les échelles de projet. L'évolution rapide des connaissances et des outils scientifiques dans le domaine de l'écologie, de la pédologie, ou de la climatologie les enjoint à intégrer, autant que faire se peut, ces travaux dans la conception des projets.

Le dessin, les tracés et la composition de l'espace comme pratique fondatrice

 
 
 
 
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Plaine de France - Esquisse réalisée par Altitude 35

Selon Benoit Barnoud et Clara Loukkal , tout projet implique une modification subjective de la forme d'un espace et le recours à l'artifice. Le projet dessiné enjoint à adopter une posture d'intermédiaire entre un site et de nouvelles aspirations sociales, écologiques ou techniques. Qu'elle soit urbaine, périurbaine ou rurale, la dimension écologique s'incarne dans le dessin de l'eau, du nivellement, de la trame végétale. Ainsi, sans remonter à Le Nôtre ou à Olmsted, la persistance des tracés et des compositions urbaines de J.C.N. Forestier est l'incarnation de la capacité du dessin à fixer des limites, à ordonnancer un espace et à matérialiser une ambition paysagère qui perdure encore aujourd'hui. Les solutions formelles s'élaborent de proche en proche dans une redéfinition constante du projet.

Cette démarche, au carrefour de plusieurs champs disciplinaires trouve un prolongement logique avec la participation d'Altitude 35 à l'action des Ateliers des territoires locaux portée par la DGALN.

L'agence Altitude 35 est triple lauréate du concours Europan : en 2015 (E13) sur le site de Moulins-sur-Allier, en 2017 (E14) sur le site du campus de la Bouloie à Besançon et en 2019 (E15) sur le site de Rochefort.

En savoir plus sur www.altitude 35.com

Photos : Altitude 35