La Chaire Eau et paysage se construit sur le site de Marseille

09 juin 2020

 
 

Inventions paysagères du vivant et de l’eau

Travaux réalisés entre 2017 et 2019

Siagne


Les enjeux contemporains de partage de l’eau, de risques d’inondation, de changement climatique et de fonctionnement écologique de la trame verte et bleue nous enjoignent à penser de nouvelles modalités d’action, plus intégratives et qualitatives, permettant d’envisager conjointement l’eau des loisirs, l’eau agricole, l’eau industrielle, l’eau comme milieu naturel et l’eau comme risque dans l’élaboration des projets de territoire.

La Chaire Eau et paysage propose d’explorer et faire évoluer pratiques et connaissances dans le domaine de l’eau en mobilisant les ressources pédagogiques, de recherche et de création de l’École nationale supérieure de paysage et une pluralité d’acteurs partenaires.

La création de la chaire est issue d'une rencontre entre l'Agence de l'eau Rhône-Méditerranée-Corse (AEURMC) et l'École nationale supérieure de paysage. Elle émane de deux structures qui travaillent autour d'un même sujet, l'eau, selon deux approches envisagées de manière encore trop séparée, d'ingénierie d'une part et paysagère d'autre part.

La chaire repose sur l'idée de capitaliser sur ces deux approches de manière décloisonnée pour traiter le sujet de l'eau dans toutes ses composantes.

Elle s'appuie sur trois programmes de recherche-action :

  • la désimperméabilisation comme relation eau-sol-anthropisation ;
  • la renaturation comme relation eau-dynamiques du vivant-aménagement du territoire ;
  • la résilience et la restauration comme relation risque-climat-économie.


La chaire a été imaginée comme un outil pour faire évoluer la perception et les modalités de mise en œuvre des politiques publiques de l’eau relatives à la restauration du bon fonctionnement des cours d’eau, à la désimperméablisation et au risque d’inondation.
Ces politiques publiques sont souvent perçues comme des contraintes par les acteurs locaux qui n’en perçoivent pas les bénéfices directs. Aussi sont-ils difficiles à mobiliser sur des projets répondant à des enjeux écologiques, et ceci bien qu’ils intègrent une composante risque substantielle. La Chaire Eau et paysage vise à apporter de nouveaux arguments en faveur de la mise en place de ces politiques publiques.

 
 
 
 

Les objectifs

  • Rassembler et fédérer différents acteurs concernés par les enjeux de l’eau autour d’objectifs communs, favoriser les débats, les échanges et partages de savoirs et savoir-faire.
  • Accompagner les acteurs de l’eau et les collectivités dans le développement de nouvelles stratégies d’action.
  • Permettre aux paysagistes de contribuer à la résolution des enjeux de l’eau, développer leurs savoir-faire spécifiques à travers une véritable montée en compétences.
  • Explorer des modes de faire et proposer des analyses quant à la mobilisation d’une approche par le paysage dans l’aménagement et la gestion de l’eau.

La chaire s’appuie sur les dispositifs d’enseignement et de recherche de l’École nationale supérieure de paysage à partir desquels différentes formes de partenariats peuvent se construire (ateliers, séminaires, workshops, ...) avec les collectivités et institutions locales dans le cadre d'un ancrage territorial fort.
 
 
 
 

Les principales actions de la chaire

  • Les dispositifs pédagogiques qui regroupent les travaux menés par les étudiants de Master 1&2.
  • La participation à des séminaires autour des enjeux de l’eau, du changement climatique et de l’aménagement.
  • L’évaluation, la capitalisation et la valorisation des activités de la chaire permettent un retour sur expérience et une diffusion des expériences réalisées.
 
 
 
 

Exemples de travaux d'étudiants

Chaque année, les dispositifs pédagogiques de l'école (atelier de projet vallons côtiers, projets de fin d'études, ...) sont mobilisés au sein de la chaire. Avec l'Agence de l'eau et des collectivités locales (EPCI, département, syndicats mixtes, métropole), la chaire construit des sujets ancrés sur un territoire particulier, dont les objectifs sont tout autant de fédérer les acteurs locaux et les techniciens que de proposer des approches multi-échelles et transsectorielles.
 
 
 
 
♦ ATELIER VALLONS CÔTIERS
Responsables pédagogiques : J-B Lestra, J-L Brisson 
Étudiants en 2e année du Diplôme d’État de Paysagiste
Durée : 4 mois

L’atelier propose une approche à l’échelle d’un bassin-versant au sein duquel un diagnostic multithématique (urbain, agricole, hydraulique, géographique, économique, de déplacements, etc.) permet de dégager des enjeux et une vision prospective sur le territoire.
Concentrés sur différents secteurs de la vallée et partant des questions de l’eau, les propositions des étudiants permettent de donner à voir la mise en œuvre des différentes stratégies.
Cet atelier permet aux partenaires, au travers plusieurs propositions, de défricher un sujet et de mobiliser techniciens, acteurs et élus autour de visions croisées sur leur territoire.

Étude de cas : les vallons de Saint-Raphaël

Les vallons côtiers de l’Estérel font l’objet d’une convention tripartite entre l’École nationale supérieure de paysage, l’Agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse et la Ville de St Raphaël pour une troisième et dernière année. Le partenariat a permis de réaliser un panorama complet du réseau hydrographique de la commune. L’échelle de la commune de Saint Raphaël a permis d’une part de développer une réflexion à l’échelle de la ville, de son territoire et de ses liens entre mer et montagne ; d’autre part, de proposer une déclinaison sur des sites plus restreints, ce qui permet de traiter des différentes échelles du paysage.
 
 
 
 


vallon-st-raphael


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PROJET DE FIN D’ÉTUDES (PFE)
Responsables pédagogiques : G Péré, A Petitjean
Étudiants en 3e année du Diplôme d’État de Paysagiste
Durée : 6 mois
 
Le projet de fin d’études (PFE) se déroule au dernier semestre de la formation et constitue le projet diplômant de l’étudiant. Un certain nombre d'objets d'étude, sur diverses thématiques, sont proposés par les partenaires : la métropole Aix-Marseille Provence et l’Agence de l’eau. Les sujets définitifs sont définis conjointement par l’école, les étudiants concernés et le partenaire.
Il est demandé à l’étudiant de développer un aménagement, à échelle locale, dans un contexte, global, de projet métropolitain ou territorial, dans un degré de précision qui permette d’expliciter les raisons et l’intérêt des propositions d’aménagement, sans perdre de vue les objectifs stratégiques d’ensemble.
 
Exemple 1 : La Planquette, l’axe de composition urbaine
De l’université de Toulon la Garde vers la ville perméable
Étudiante : Coline Chabiron
Partenaire : Syndicat de gestion de l’Eygoutier
 
Situé dans un environnement composé de plaques urbaines (université, zone commerciales, étendues pavillonnaires) et traversé par de grandes infrastructures routières, le secteur d’études autour de la Planquette pose la question épineuse de la gestion de ce petit cours d’eau capable de générer des fortes inondations.
La structure urbaine, affranchie des réalités géomorphologiques laisse évidemment peu de place au redéploiement d’une logique plus résiliente et intégratrice des enjeux liés à l’eau.
Le campus universitaire qui accueille plus de 6 000 étudiants est quant à lui dans une situation très enclavée à l’échelle de la métropole et présente des espaces extérieurs peu propices à des usages confortables malgré la proximité d’espaces de nature très intéressants.
Comment dès lors, à partir de la nécessité de gérer les risques d’inondation, peut-on retravailler les espaces publics de l’université ?
 
 
 
 


La-planquette
 
 
 
 
Exemple 2 : Comment l’eau et le relief façonnent-ils la ville de demain ?
Étudiant : Alex Andrejak
Partenaire : Communauté d’agglomération Cannes Pays de Lérins
 
Dans ce paysage si emblématique de la côte d’Azur fait de mer et de massifs forestiers mais fortement urbanisé, bétonné, la question initiale de « Valorisation des zones d’expansion de crue sur les cours d’eau et vallons de l’Agglomération Cannes-Lérins » n’apparaît pas évidente. Comment réintroduire, dans ces espaces contraints et grandement imperméabilisés, une logique et des espaces pour l’eau ?
On trouve trois fleuves côtiers non-tarissables sur l’ensemble des communes : le Riou de l’Argentière, la Siagne et la Frayère. Les autres vallons sont dits secs, sans eau la plupart du temps, comme le vallon du Riou et Fond Veyre dans le secteur de la Croix des gardes.
Le territoire littoral et les fonds de vallons sont saturés par une urbanité très dense venant imperméabiliser les sols de manière importante. L’eau, invisible, est contrainte à un point tel qu’elle provoque des inondations récurrentes et catastrophiques. En 2015, les intempéries ont fait 13 victimes.
L’enjeu hydraulique ne se cantonne pas à la question du risque mais joue un rôle central pour rendre la ville plus apte à affronter le changement climatique.

 
 
 
 


Cannes
 
 
 
 
Exemple 3 : La renaturation de la Cagne comme projet de renouvellement urbain et agricole
Étudiante : Léna Andrieu
Partenaire : métropole Nice côte d’Azur
 
La métropole Nice côte d’Azur a été commissionnée par la Ville de Cagnes-sur-Mer pour un schéma directeur de renaturation de la Cagne sur l’ensemble du territoire de la ville, des gorges à la mer.
Si la Cagne a gardé un caractère naturel dans sa partie amont, elle est en aval complètement bloquée dans un milieu urbain dense avec d’importantes structures hydrauliques.
Plusieurs enjeux majeurs se dégagent des objectifs du schéma directeur : la gestion des inondations, la traversée urbaine, la gestion des ressources en eau, la continuité écologique et des sujets sociaux.
Comment, dès lors, valoriser la Cagne comme (re)source d’attractivité pour le territoire et montrer les services écosystémiques du fleuve ?

 
 
 
 


cagnes
 
 
 
 

Dessins : travaux d'étudiants du Diplôme d'État de Paysagiste - DR
 
 
 
 

Coordination Chaire Eau et paysage

Laure Thierrée
Paysagiste / Enseignante et coordinatrice de la Chaire Eau et paysage à l'École nationale supérieure de paysage, site de Marseille, 31 boulevard d'Athènes - 13001 Marseille / l.thierree@ecole-paysage.fr