L'enseignement à distance continue - mai-juin 2020

19 mai 2020

 
 
Dans le contexte sanitaire actuel, l'École nationale supérieure de paysage assure ses missions à distance grâce au numérique. Dans notre article du 21 avril dernier, l’enseignement à distance vous était présenté : les classes et ateliers virtuels pour la formation initiale et continue, faire avec le paysage "existant", la pédagogie inversée et le suivi régulier des étudiants. C’est toujours avec autant de créativité que toute l’équipe enseignante et pédagogique continue de dispenser, à distance, la formation au paysage. En témoignent les exemples suivants.
 
 
 
 

Journal du Trièves Confiné

Photo Trieves

Photo : Maxime Pétillon

Les étudiants de deuxième année du Diplôme d’État de Paysagiste ont travaillé durant le confinement sur le sujet de la métropolisation de la région grenobloise. Ils ont ainsi chacun, en parallèle de leur démarche de projet, tenu un journal de confinement à la frontière entre le projet de paysage dans le Trièves et leur situation complexe de confinement dans leur intimité.

Comment entrer en lien avec ce lieu, cet immense territoire, sans jamais pouvoir y entrer, sans le rencontrer. Le covid-19 leur a offert ici la possibilité de s'immerger dans un projet de paysage complexe durant une période de confinement très particulière. Ils ont ainsi développé des outils d'analyse de lieu à distance et d'utilisation de leur quotidien confiné comme atouts pour le projet. Le journal du Trièves confiné deviendra une édition à part entière relatant leurs productions durant l'étendue du confinement.

Pour le moment, il est visible dans les standards du réseau social Instagram, comme un témoin virtuel de leur quotidien de paysagiste confiné. Accompagnés par les paysagistes Bruno Tanant, Manon Anne et Alexis Feix, les étudiants paysagistes ont ainsi publié photographies, textes, dessins, maquettes, réflexions et autres recherches sur ce territoire rural sous influence métropolitaine : le cas du Trièves et des balcons Est du Vercors.

Selon Bruno Tanant, "Ce journal est une expression intime du moment présent, des espérances et des questionnements, de l’après. Cet enseignement à distance est très particulier : chaque parole, chaque mot pèse davantage. Question de temps, question de peurs". 

 
 
 
 
 


JournalTrieves
 
 
 
 

Enseignements artistiques à distance

Le carnet de dessin « Frontières » 2019 / 2020

Couv Carnet de dessins Frontières

« Frontières » regroupe un choix de dessins réalisés par les élèves de première année du Diplôme d’État de Paysagiste. Il est le fruit de l’atelier d’arts plastiques « l’Espace du dessin » organisé le 2 avril 2020, en ligne et encadré par Vincent Mauroux, Laurent Bailly, Olivier Marty, Vincent Mauroux et Céline Orsingher.

 
 
 
 

Éclairer les transitions

Les journées transversales de la Chaire Paysage et énergie se penchent sur la question des ressources, en visioconférences

chaire-paysage-energie-nashi-juin2020

Dessin : ENSP RTE APR Nantes 2018, Baudry Le Vourch

Les transitions, en tête desquelles figure l’énergie, façonnent le monde et les paysages : les modes de vie doivent évoluer vers plus de sobriété, modifiant les cadres de vie. Ces nouveaux paysages sont dessinés par les étudiants concernés par ces transformations. Afin d’accompagner ces travaux sur l’année universitaire 2019-2020, la Chaire Paysage et énergie se trouve mobilisée de façon plus centrale dans la formation initiale de l’École nationale supérieure de paysage, en particulier en 3e année du Diplôme d'État de Paysagiste, lors de la production des Projets de fin d’études (PFE).

La création d'une classe transversale "Transitions" aux classes accompagnant l'élaboration des PFE déjà existantes - "Nature en ville", "Périurbain" et "Risques" - a donc été proposée.
Elle comprend trois journées d'échange autour d'interventions de professionnels : chercheurs, associatifs, philosophes, paysagistes, ingénieurs, urbanistes, etc. Les étudiants sont invités à rebondir, exposer leurs réflexions et l'évolution de leurs Projets de fin d’études. Les sessions ci-dessous ont été réalisées à distance, en visioconférence, pendant la période de confinement (sessions des 9 avril et 28 mai) :

  • Journée transversale du 6 février 2020 : "Changement climatique, changement paysagiste : Pourquoi la transition concerne de très près les paysagistes ? Constat de l'évolution des problématiques sociales et paysagistes"

  • Journée transversale du 9 avril 2020 : "Concevoir et mettre en oeuvre un paysage sobre et décarbonné - La lutte contre le changement climatique par le paysage - Y aura-t-il un après covid-19 ?"

  • Journée transversale du 28 mai 2020 : "Concevoir et mettre en oeuvre un paysage résilient"

Cette classe transversale « Transitions » a pour objectif de développer la réflexion des jeunes Paysagistes-concepteurs sur ces nécessaires transformations de modes de vie relatifs à la consommation excessive de ressources, révélée une fois de plus en pleine crise du covid-19. En proposant ces temps de formation au moment de la maturation du Projet de fin d'études, l'École nationale supérieure de paysage favorise, pour les étudiants, la construction d'un esprit critique en rapport avec l'actualité.

 
 
 
 
 

Retour sur le module de Lecture urbaine

Diplôme d’État de Paysagiste, 1ère année

Module présenté aux élèves en webinaire, le 7 avril 2020 et encadré par Bernadette Blanchon, architecte dplg et Maître de Conférences à l’École nationale supérieure de paysage

Avec Soraya Bait, architecte dplg et Axelle Thierry, architecte DE HMONP, paysagiste CESP, doctorante. Et pour la présentation finale partagée : Alexis Pernet, Françoise Cremel, Bruno Tanant, Michel Audouy (sous réserve) paysagistes dplg et, pour la conférence : Bernard Landau, architecte voyer général de la Ville de Paris.

La présentation et l'adaptation nécessaire du module à la situation de confinement

Initialement, le module "Lecture urbaine" du département de Sciences Humaines et Sociales commence par une journée de promenade urbaine, le long du cours de la Bièvre, un ancien affluent de la Seine aujourd’hui enterré et qui traverse les 13e et 5e arrondissements de Paris.

Le module donne lieu à un choix de site par groupe en vue de réaliser une description analytique multi-scalaire et historique, notamment à travers la réalisation de relevés (plans, coupes et détails). En parallèle, un travail de vocabulaire urbain est mené individuellement. Il s’agit ici d’introduire à la compréhension de la fabrique de l’espace urbain, de décliner la question complexe du sol urbain et de l’espace public et de situer peu à peu les dimensions spécifiques d’une approche paysagiste.

En tout, trois jours lui sont consacrés dont une journée de suivi à la table et une journée de rendu collectif clôturée par une conférence de Bernard Landau, architecte voyer général de la Ville de Paris. Entre chaque séance, les élèves mènent autant de travail personnel que ce soit en relevé sur site ou en finalisation de projet. 

La promenade confinée s’est avérée compliquée au vu des circonstances et il n’a pas été souhaité de report systématique, d’autant plus qu’un nouvel atelier démarrait sans tarder et qu’il importait d’avancer. Il a donc été envisagé l’inversion de l’approche et proposé de commencer par la collecte de données, notamment historiques, également délicate sans accès au centre de documentation de l’école.

L'organisation et la logistique du module "en mode confiné"

Dans un premier temps, des groupes de trois étudiants ont été constitués (limite afin de faciliter les échanges de conversations téléphoniques ou Skype) et les sites choisis, à partir d’une liste proposée sur le porte-documents du webmail de l’école, aussi lieu de dépôt des travaux des élèves. Les enseignants ont posté sur ce porte-documents tous les documents utiles, notamment ceux fournis par le centre de documentation qui a pu aider, à distance, à préparer des données utiles à propos de ces sites.

Bernadette Blanchon, encadrante du module, a introduit le module par une séance de cours en webinaire sur Zoom, avec l’aide d’Agreenium, le 7 avril. Les étudiants ont ainsi bénéficié d’une séance d’apports historiques et méthodologiques qu’ils n’ont pas le temps de faire habituellement. Ils ont donc arpenté les sites virtuellement et ont envoyé leur travail de description de site à plusieurs échelles ainsi qu’une restitution de son évolution historique, le 22 avril. Une nouvelle séance en webinaire a été organisée le 29 avril afin que les enseignants puissent faire part de leurs retours et planifier la suite.

La démarche paysagiste "challengée" et les nouveaux apports 

Même si le changement paraît modeste, les enseignantes se sont accordées à penser que l’adaptation du module en confinement avait demandé beaucoup de préparation car l’énoncé en webinaire doit être présenté de la manière la plus claire et précise possible, le temps de la présentation étant lui plus court.

Le résultat de cette adaptation du module à rebours de l’habituelle approche par le site a été pour eux une surprise (rendu final le 28 mai, en webinaire, en 5 à 6 diapos et 4 min. d'exposé par élève) et alimentera sans doute les échanges en introduction des modules "Espaces ouverts urbains - Lectures critiques" de 2e année du Diplôme d'État de Paysagiste. En parallèle, il a été demandé aux élèves de réaliser, un travail de représentation en coupe et plan du site étudié (qu'il ait été visité ou non). Ils ont également bénéficier de la conférence de Bernard Landau le 14 mai "Hypothèses sur l'évolution des espaces publics urbains post Kyoto".

Bernadette Blanchon rapporte « L’approche paysagiste privilégie l’observation et l’intuition sur site, l’apport de savoirs qui suit venant étayer et compléter ce qui est appréhendé en premier, in situ. Cette fois-ci, cela a été l’inverse. Les connaissances et l’anticipation du lieu ont dû être confrontées à la réalité du site. Ainsi, la démarche délibérément paysagiste qui a remis en cause une approche plus traditionnelle de connaissance préalable a été « challengée » par cette dernière qui s’est imposée et, il faut bien l’avouer, est souvent pratiquée par économie de temps. » 

Elle conclut : « Les étudiants qui ont pu se rendre sur site une fois déconfinés devront doser habilement des apports de l’une et de l’autre des approches - et les autres l'imaginer dans un premier temps ! - et nous, enseignants, devrons tirer parti de l’aller et retour entre les deux approches, mais seulement après notre « cru » 2020, pour penser les prochains. »

 
 
 
 
 
 
 
 

Revoir la conférence de Bernard Landau, architecte voyer général de la Ville de Paris

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