Projets retenus pour les Hortillonnages à Amiens

21 mai 2021

 
 

12e édition du Festival international de jardins - du 29 mai au 17 octobre 2021

Deux équipes de diplômés de l'École nationale supérieure de paysage ont été retenues au Festival international de jardins des Hortillonnages à Amiens, dans le cadre de sa 12e édition, placée sous le signe de la terre, de l'eau et du nourricier. Du 29 mai au 17 octobre 2021, ils réaliseront leurs jardins sur le site d'exception que forment les Hortillonnages. Nous vous présentons leur projet.

 
 
 
 

Le Festival international de jardins des Hortillonnages à Amiens

7___atelier_Faber____a_jHDF___Yann_Monel_redimension

Atelier Faber, Roques, 2020, Festival international de jardins ǀ Hortillonnages Amiens. Photo : Yann Monel

Créé en 2010 par Gilbert Fillinger, ancien directeur de la Maison de la culture d'Amiens, le Festival international de jardins vise à une reconquête, une valorisation et une pérennisation du patrimoine que sont les Hortillonnages de la Métropole d'Amiens. Réparties entre différentes parcelles situées sur l'étang de Clermont, à Camon et à Rivery, et sur l'île aux Fagots à Amiens, ce site accueille les jardins et installations plastiques produites par la jeune création paysagère, architecturale et artistique et les offre à la vue des visiteurs qui découvrent autant un parcours esthétique et poétique que l'histoire et le devenir de ce site.

 
 
 
 

Les projets retenus

Le rivage des cirses - Étienne Lapleau et Louis Richard

Sylvestre_LeRivagedesCirses4

L'équipe de Sylvestre dans le jardin: Etienne Lapleau et Louis Richard. Photo : Sylvestre

Diplômés de l'École nationale supérieure de paysage en 2018, Étienne Lapleau et Louis Richard commencent leur collaboration au Potager du Roi, sur une parcelle expérimentale sur laquelle ils jardinent. Compte tenu de leur approche et intérêt partagés pour la flore horticole et sauvage, ils fondent ensemble en 2020, l'atelier Sylvestre. Par cet adjectif, issu du latin sylvestris « forestier, sauvage », le duo marque son intérêt pour la flore spontanée, dont s'inspirent leurs jardins. En janvier 2021, ils sont sélectionnés pour réaliser le jardin Le rivage des cirses dans le cadre du Festival international de jardins des Hortillonnages à Amiens.

 

 
 
 
 
Sylvestre_LeRivagedesCirses1

Le rivage des cirses, mai 2021 - La prairie en développement: Iris pseudacorus, Ranunculus acris, Ranunculus repens, Rumex acetosa, Silene dioica. Photo : Sylvestre

Le rivage des cirses est un jardin de plantes sauvages parmi lesquelles se distingue le cirse maraîcher, une grande plante vivace de la famille des astéracées, spontanée dans les hortillonnages, sur les berges et les parcelles abandonnées par le maraîchage. Il s'agit pourtant d'une plante comestible comme en témoignent ses différentes appellations : cirse des maraîchers, chardon des potagers, cirse faux-épinard... En cultivant le cirse maraîcher parmi ses compagnes des prairies humides, les deux paysagistes s'engagent pour une vision du maraîchage qui tire parti de l'enfrichement, perçu comme un potentiel pour de nouvelles cultures.

 
 
 
 
Sylvestre_LeRivagedesCirses3

Le rivage des cirses, mai 2021 - Le jardin pensé comme un milieu accueillant la diversité de la flore des Hortillonnages. Photo : Sylvestre

Le jardin est pensé comme un milieu à l'intérieur duquel se dessinent les cheminements. Une ancienne cabane d'hortillon est le support d'une description botanique du cirse maraîcher dans le jardin. Le visiteur, plongé au cœur d'une diversité botanique, est invité à rêver une forme de jardin où le geste jardinier accompagne la dynamique du milieu.

Dans une démarche d'économie de moyens et de préservation des milieux, la réalisation du jardin s'est faite sans travail du sol préalable en plantant directement au sein du gazon existant et en favorisant des transplantations au sein des hortillonnages. En partenariat avec les équipes techniques du site, une réflexion a été menée pour identifier les plantes adventices de certains jardins qui pouvaient être accueillies dans le rivage des cirses.

 
 
 
 

Élever la terre – Livia Kolb et Virginie Alexe

IMG_20210520_171021

Portrait de Virginie Alexe et Livia Kolb. Photo : Virginie Alexe et Livia Kolb

Livia Kolb est paysagiste conceptrice, diplômée de l'École nationale supérieure de paysage, site de Marseille, en 2014. Elle y rencontre Virginie Alexe en 2013 qui prépare alors son master d'urbanisme au sein de l'Institut d'Urbanisme et d'Aménagement Régional d'Aix-Marseille. La Méditerranée dont elles sont originaires marque leur sensibilité et leur attrait pour les paysages éprouvés. Elles créent ensemble des espaces poétiques convoquant patrimoine et artisanat, faisant la part belle à la diversité du vivant sous toutes ses formes. Pour la 12e édition du Festival international de jardins des Hortillonnages à Amiens, elles conçoivent et réalisent le jardin Élever la terre : une ode aux agricultures singulières en milieu humide à travers le monde.

 
 
 
 
VISUEL_210306

Élever la terre. Production : Livia Kolb

Le jardin est un récit de l'agriculture traditionnelle en milieu humide à travers le monde. Il est une ode à ces agricultures singulières d'une grande ingéniosité, qui ont appris au cours du temps à composer avec les oscillations de l'eau. Sculptrice naturelle, l'eau crée un paysage de contours, elle dessine un labyrinthe. Elle permet l'irrigation et le drainage des parcelles cultivées en zone humide. La scénographie imposée par le parcours de l'eau à la terre morcelée devient la structure du jardin. L'eau en abondance offre une biodiversité inouïe qui confère aux marais une beauté rare et une terre particulièrement fertile. Mais en prévention d'une crue, le paysan de l'eau « élève » littéralement la terre pour cultiver sa parcelle. Nous partons à la découverte de ces élévations de terre dans le paysage. Les camellones d'Amérique du sud sont appropriés à la culture de maïs, haricots et courges. Les chinampas du Mexique présentent une diversité de tomates. Les hortillonnages thaïlandais produisent fleurs, fruits et légumes. Les buttes des Dugum Dani en Océanie permettent la culture de tubercules. Les techniques culturales fabriquent ainsi une collection de formes dans le paysage : billon, butte, monticule, planche surélevée, plateforme, longue bande de terre, cavaillon, fossé... Dans le jardin, le végétal sublime les courbes de la terre qui y est magnifiée. Le jardin est une invitation à la réflexion autour de la terre comme patrimoine à chérir et substrat nourricier.

 

 

 
 
 
 
plan_delever_la_terre

Plan du jardin Élever la terre. Production : Livia Kolb