Concours photo « Le proche et le lointain »

22 octobre 2021

 
 

La sélection du jury

Dans le cadre de leur visite des jardins du Grand et Petit Trianon du domaine national de Versailles, les étudiants en Classe préparatoire aux études de paysage (CPEP) à l'École nationale supérieure de paysage ont participé à un concours photo lancé au sein de leur promotion sur le thème du proche et du lointain. Suite à la tenue d'un jury de sélection, voici une compilation des meilleures photographies au regard de l'originalité du point de vue et de la capacité de l'étudiant à exprimer sa démarche.
 
 
 
 

L’envers — Juliette Birée

biree_juliette_l_envers

L'envers. Photo : Juliette Biré.

« C'est une photo à double lecture : dans un sens et dans l'autre. Avec le reflet de l'eau, ces deux facettes créent une confusion visuelle entre la notion de proche et de lointain. L'eau de la fontaine crée le trouble, on ne sait pas vraiment dans quel sens le paysage est considéré comme à l'envers ou à l'endroit. » Juliette Birée

 
 
 
 

Le secret du miroir — Ismaël Dazi

Le secret du miroir — Ismaël Dazi

Le secret du miroir. Photo : Ismaël Dazi.

« Le détail et la surprise font partie intégrante des jardins français. C'est au gré des promenades, flânant sans but dans les allées et les bosquets que l'on se rend compte de ce que les architectes paysagistes du XVIIe siècle ont voulu provoquer chez les visiteurs. Le Bassin Plat garde un secret et c'est dans le détail qu'il se révèle. Soyez curieux et laissez-vous aller à des découvertes inattendues. » Ismaël Dazi

 
 
 
 

Disparition — Séraphin Mallié

MALLIESeraphindisparition

Disparition. Photo : Séraphin Mallié.

« Action de s'effacer, de s'estomper, de ne plus être visible. Je souhaitais avant tout opérer une césure avec l'image du Trianon, du paysage construit et maitrisé qui l'entoure. Donner une autre dimension aux parterres et centrer mon point de vue sur le travail des jardiniers qui permet de redécouvrir l'espace. La nature reprend le dessus. Les clichés permettent aussi de rappeler l'immensité du lieu et la place que le végétal occupe dans cet espace. La suppression des couleurs permet de laisser une place prépondérante au sujet, à sa forme, à sa disparition. » Séraphin Mallié

 
 
 
 

Discrète féérie — Iris Guillet

GUILLETIrisdiscretefeerie

Discrète féérie. Photo : Iris Guillet.

« L'idée de l'obstacle est à l'honneur dans cette photo, avec de grandes colonnes massives en premier plan, entre lesquelles le regard doit se faufiler dans le lointain pour découvrir un jardin secret, qui semble abandonné, presque déstructuré. Comme un rappel des tableaux de la Renaissance qui présentaient un grand élément architectural et dans le fond un petit carré de paysage, qui est l'une des premières manières d'aborder le paysage en peinture. J'ai voulu à la fois représenter l'architecture et les jardins, en dialogue permanent dans le domaine de Trianon, et mettre en avant sa palette de couleurs, avec des teintes roses et vertes renvoyant à la féérie du lieu. Rappelant ainsi le monde de Versailles, aux dimensions invraisemblables et à l'atmosphère irréelle et onirique. » Iris Guillet

 
 
 
 

Éclipse — Jules Lafitte

LAFITTEjuleseclipse

Éclipse. Photo : Jules Lafitte.

« La photo évoque une entité céleste, lointaine, qui traverse les âges, comme ce marbre brut dans lequel les colonnes du Grand Trianon sont sculptées, qui veille sur son domaine arboré et son parterre changeant d'année en année. Ces grands arbres élancés vers le ciel, sombres, sont mis au premier plan, acteurs de ce décor. Les contrastes de couleur font presque penser à une représentation pittoresque de ce lieu historique. Une photographie, une peinture, une métaphore, de l'ombre à la lumière, l'Éclipse cache en elle tous ses sens. » Jules Lafitte

 
 
 
 

Un semblant sauvage, la Bête au Hameau — Alexandre Perez

PEREZAlexandre

Un semblant sauvage, la Bête au Hameau. Photo : Alexandre Perez.

« Dans la prairie qui surplombe le hameau, un ours se dresse sur ses deux pattes arrières dans le but de choisir sa prochaine proie. Cette scène tout droit sortie d'un conte pour enfants ou d'un film animalier met en scène un chasseur (l'ours) observant de loin un hameau, grenier de ressources pour cette bête. C'est caché derrière les branchages à la lisière de la forêt que j'ai choisi d'immortaliser cet instant bestial. Vous l'aurez deviné : ni le hameau, ni l'ours, ni même les moutons d'ailleurs ne sont vrais. Tout est faux et pourtant tout nous pousse à penser le contraire. Le jeu entre le proche et le lointain donne vie à cette scène qui pourtant, encore aujourd'hui, reste la même. » Alexandre Perez

 
 
 
 

L’intemporel — Violaine Cortot

CORTOTViolaine

L'intemporel. Photo : Violaine Cortot.

« Dans cette photo sur le thème du proche et du lointain, j'ai souhaité représenter la solitude et la petitesse d'un homme qui se retrouve dans un lieu aussi imposant que le domaine du Château de Versailles. Le proche est incarné par le jardinier et ses vêtements de notre temps. Le lointain se trouve dans le cadrage de la photo qui confère à l'image un aspect intemporel. » Violaine Cortot

 
 
 
 

Embrouillamini — Tristan Leiva-Marcon

MARCONTristan_Embrouilamini

Embrouillamini. Photo : Tristan Leiva-Marcon.

« Dans cette photo, j'ai voulu mettre en avant l'enchevêtrement des petites brindilles couvertes de gouttes d'eau au premier plan, tout en dirigeant le regard vers l'arrière-plan, sur le Grand Trianon. Cette manière d'opérer me fait penser aux jardins pittoresques, car tout comme cette photo, les jardins pittoresques, dits « à l'anglaise », sont créés de toutes pièces, ne gardant que le plus beau de la nature, laissant un semblant de liberté dans le voyage mais dirigeant en réalité l'attention du voyageur. » Tristan Leiva-Marcon

 
 
 
 

Abîme(r) : le Grand Trianon — Lucile Galopin

GALOPINLucile

Abîme(r) : le Grand Trianon. Photo : Lucile Galopin.

« En partant pour le domaine de Trianon, au château de Versailles, j'ai avec moi un téléphone de mauvaise qualité. Alors, je reste souvent en retrait derrière mes camarades et ce qui m'amuse, c'est d'atteindre le lointain à travers leur téléphone à eux. C'est ce qui m'est le plus proche et qui serait pourtant comme un obstacle dans la perspective. Cette photographie est donc une mise en abîme du Grand Trianon dans laquelle le lointain est directement intégré à l'intérieur même du proche, de l'objet en premier plan. » Lucile Galopin

 
 
 
 

Le concours

Ce concours a été organisé par Sonia Keravel et Chiara Santini, les enseignantes responsables du module « Promenade Inoubliable », en écho au concours photo lancé chaque année par le château de Versailles. Durant la visite des jardins du Grand et Petit Trianon en compagnie des jardiniers d'art Elena Secondo, responsable des parterres du Grand Trianon, et Ivan The, responsable du Jardin anglais et du Hameau du Petit Trianon, les étudiants ont réalisé des prises de vues qu'ils ont ensuite triées, sélectionnées et discutées en salle. L'objectif de ce court exercice (4 séances comprenant la visite et le jury) est de comprendre qu'une photographie exprime un point de vue, un regard, des choix, que c'est une image construite. La présentation est importante et la pédagogie de la période instruit la notion d'hospitalité dans toutes ses dimensions. Les étudiants ont été invités à penser plus au « photographié » qu'à « photographier ». Il s'agit en effet avant tout d'observer, d'aiguiser le regard et d'apprendre à présenter l'image au vu et au su de tous.

Le jury a sélectionné les meilleures photographies en fonction de l'originalité du point de vue et de la capacité de l'étudiant à exprimer sa démarche.

Jury : Elena Secondo, Ivan The, Marie-Hélène Loze (paysagiste), Zoé Bouvet (chargée de communication), Sonia Keravel et Chiara Santini.