Atelier Montagne 2022 – site Marseille

23 novembre 2022

 
 

Une vallée sans station : l’avant-garde du Valgaudemar ?

Du 5 septembre au 21 octobre dernier, dix-sept étudiants en deuxième année de la formation menant au Diplôme d'État de Paysagiste à l'École nationale supérieure de paysage, site de Marseille, ont participé à une séquence Montagne d'une durée de sept semaines, dont deux sur le site. Cette année, le territoire d'étude se situe dans le Valgaudemar (Hautes-Alpes), au nord de Gap, dans la vallée de la Séveraisse.

 
 
 
 
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Atelier Montagne, 2022. Photo : Rémi Duthoit

Le paysage de la vallée se dresse, vertical, tel un tableau d'apparence immobile. Pourtant tout indique le mouvement incessant de la gravité : les cônes de déjection se succèdent, l'usure des pics et des pentes forme des sabliers et, en bas, l'eau emporte les roches devenues sables vers la mer, pour sédimenter de futurs sommets. Le territoire de l'aléa révèle l'inventivité de l'Homme dans son rapport au milieu. Ce "faire avec", véritable génie des lieux, revêt une caractéristique très spécifique dans cette vallée. En effet, à la différence de beaucoup de vallées semblables, la technique et l'activité économique du domptage de la pente pour le ski ne semblent pas avoir gagné ses sommets. Trop pentue ? Sans doute, même si l'argument mis en avant par les locaux est celui "du choix du non ski" pour préserver l'authenticité des paysages. L'ambiance prégnante fait hésiter entre une vallée hors du temps et celle, à l'inverse, qui pourrait donner à voir la montagne de demain. Quoi qu'il en soit, les formes du paysage racontent cette histoire, celle d'une connivence obligatoire, d'une complicité qui fonde l'émotion du paysage.

 
 
 
 
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Atelier Montagne, 2022. Photo : Rémi Duthoit

Outre ces éléments de contexte, le travail des étudiants devait prendre en compte deux hypothèses prospectives :

  • La première hypothèse est celle de l'augmentation de la population à l'horizon 2050. Dans le contexte d'une zone littorale asphyxiée, les territoires de moyen et de haut pays seront de plus en plus soumis à une pression démographique. À quoi ressembleront les paysages de cette montagne plus densément peuplée dans 50 ans ? Quelles réponses peuvent être apportées ?
  • La seconde hypothèse repose sur les changements climatiques qui auront des effets sur les usages de la montagne et donc sur son économie. Quels paysages en résultera-t-il ?

L'atelier Montagne se conçoit comme un véritable laboratoire du changement de paradigme qui pourrait bien s'opérer pour penser la montagne de demain. Les réflexions qui ont été menées par les étudiants questionnent donc l'attractivité de ces paysages et les possibilités d'y penser une modernité.

 
 
 
 

Déroulé de l’atelier

La montagne suppose une démarche d'approche par l'imaginaire d'abord (pré-voir le site), par des travaux préparatoires (« le dossier montagnard ») et par la marche ensuite (randonnées d'écologie) combinant les différents regards sur le territoire.

 
 
 
 
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Atelier Montagne, 2022. Photo : Rémi Duthoit

La première semaine sur site offre aux étudiants des rencontres à la fois avec le paysage et ses habitants. Elle aboutit à un positionnement des étudiants et à leur implication dans des commandes fictives.

La seconde semaine invite les étudiants à affiner leurs choix de site et à esquisser une réponse, un projet de paysage. Ils rencontrent aussi les acteurs qui sont proches de leurs questionnements lors d'ateliers ouverts au public. Le gîte se transforme en atelier et les étudiants reçoivent élus, techniciens, habitants pour échanger, exposer leurs premières pistes, enrichir leurs raisonnements par la connaissance intime qu'ont les habitants de leur paysage.

De retour en atelier à Marseille, ils produisent des esquisses qui ne manquent jamais de provoquer un débat lors de la présentation publique sur place puisque ce sont les paysages de demain qui, par le trait du dessin, se profilent sur les cimaises.

 
 
 
 
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Atelier Montagne, 2022. Photo : Rémi Duthoit

 
 
 
 

Les sites et thèmes choisis cette année :

Saint-Firmin : L'eau et les canaux au service d'un développement raisonné de Saint-Firmin. État des lieux et perspectives audacieuses. Par Sophie Mantovani et Antoine Cavanié
 
 
 
 
Saint-Firmin : Circuler et s'arrêter dans la vallée : le rôle de Saint-Firmin. Par Oscar Wolff-Picard et Clémentine de Cherisey
 
 
 
 
La Chaup - Le Séchier : Les canaux comme outils de dynamisme de la production et de la rencontre. Par Lisa Herrou et Marilou Bousquet
 
 
 
 
Villar-Loubière : Apprivoiser le risque pour vivre, marcher et cultiver dans la pente. Par Alice Migeon et Estelle Mascles
 
 
 
 
La Chapelle-en-Valgaudemar : La Chapelle comme lieu d'expérimentation d'espaces publics polyvalents. Par Delphine Tourte et Marine Granjon
 
 
 
 
La Chapelle-en-Valgaudemar : Nouvelles pratiques et nouveaux espaces pour les refuges de demain dans la démarche « villages d'alpinisme ». Le cas du refuge Xavier-Blanc. Par Sophie Goguel et Capucine Desvallées 
 
 
 
 
Le Bourg : Réinventer le hameau contemporain / Penser un modèle pour la vallée. Par Maïlys Jouy, Léo Gontier et Valentine Lecrenay
 
 
 
 
Le Gioberney : Du parking au sauvage : les différentes étapes de la renaturation du fond de vallée. Par Théa Capelle et Pierre Garcia
 
 
 
 

Encadrement

Cet atelier est encadré par les enseignants de l'École nationale supérieure de paysage, Rémi Duthoit, paysagiste concepteur, et Mathieu Leborgne, sociologue. Avec cette année : Audrey Marco, écologue ; Cécile Dauchez, artiste ; Mathieu Gontier ; Marie-Pierre Grégoire et Marion Soulairol, paysagistes concepteur.e.s.

 
 
 
 

Remerciements

Aux partenaires institutionnels de l'École nationale supérieure de paysage :

  • Le conseil départemental des Hautes-Alpes, représenté par Laurent Bècle et Marianne Bissol (Ressources naturelles et risques);
  • Le Parc national des Écrins représenté par Frédéric Sabatier, urbaniste (chargé de mission architecture, urbanisme & paysage);
  • La communauté de communes du Champsaur-Valgaudemar représentée par Karine Manuel (directrice);
  • Les communes de Saint-Firmin et La Chapelle-en-Valgaudemar.