Atelier Montagne 2020

22 octobre 2020

 
 

Thème : Vivre la montagne à plein temps : le défi du Champsaur ?

Depuis le 7 septembre, seize étudiants en 2e année de la formation menant au Diplôme d’État de Paysagiste à l’École nationale supérieure de paysage, site de Marseille, participent à une séquence montagne d’une durée de sept semaines, dont deux semaines sur site.

Cette année, les étudiants arpentent la vallée du Drac, entre Orcières et Saint Jean-Saint Nicolas, une ville station et une ville trait d’union à deux pas de Gap et ses 40 000 habitants. Leur appartenance récente (2017) à la toute nouvelle communauté de communes du Champsaur-Valgaudemar (25 communes pour 11 000 habitants) les entraîne dans des questions prospectives relatives à leur développement local. Qui accueillir demain dans la vallée ?

 
 
 
 


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Accompagnée des enseignants Rémi Duthoit et Mathieu Gontier, la participation des étudiants à la séquence montagne a pour objectif la compréhension des spécificités des milieux de montagne et l'approche d'un territoire sur le temps long. Elle doit permettre aux étudiants d'appréhender les enjeux actuels de l'aménagement en milieu rural et les conditions d'intervention du paysagiste dans ces territoires où la pente domine.

Le paysage de la montagne est un tableau en mouvement. Depuis les fonds de vallées où l'on circule dans les couloirs creusés par l'érosion, côtoyant l'eau qui use, les montagnes dégringolent et cernent la perspective jusqu'au cirque, jusqu'au col, jusqu'au sommet. Le regard fait face à un paysage vertical, dressé du sol à la cime. Seules, les percées des pistes et les pâtures gardent les milieux ouverts, dessinent l'hiver en noir et blanc. Territoire de l'aléa, la montagne permet de découvrir les adaptations et les innovations des hommes. Les formes du paysage racontent cette histoire, celle d'une connivence obligatoire, d'une complicité qui fonde l'émotion du paysage. Pour y habiter, il faut faire avec.

 
 
 
 

Déroulé de l’atelier

La première semaine favorise les rencontres avec le paysage et ses habitants et aboutit à un positionnement des étudiants et des commandes fictives.  Les réflexions menées par les étudiants questionnent aussi l’attractivité de ces paysages et notamment l’avenir du modèle historique de « l’or blanc ».

 
 
 
 


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La seconde semaine sur site, au centre de vacances La Pousterle (Les Foulons, 05260 Saint-Jean-Saint-Nicolas), permet aux étudiants d'affiner leurs choix de site et d'esquisser une réponse, un projet de paysage. Ils rencontrent aussi les acteurs qui sont proches de leurs questionnements lors d'ateliers ouvert au public : le gite se transforme en atelier et les étudiants reçoivent élus, techniciens, habitants, pour échanger, confronter leurs premières pistes, enrichir les raisonnements par la connaissance intime qu'ont les habitants de leur paysage.

Le travail des étudiants se devra de prendre en compte deux hypothèses prospectives :

  • Les projets présentés doivent être des propositions de réponses à une première hypothèse d'augmentation de la population à l'horizon 2070 : zone littorale asphyxiée, les territoires de moyen et de haut pays seront alors de plus en plus soumis à cette pression démographique. A quoi ressembleront les paysages de cette montagne plus densément peuplée dans 50 ans ?
  • Les changements climatiques auront des impacts sur les usages de la montagne et donc son économie. Quels paysages en résulteront ?
 
 
 
 

Les sites et thèmes choisis

Après avoir rencontré un certain nombre d'acteurs locaux, avoir découvert le terrain et les questions qu'il pose, la promotion s'est organisée en sept groupes de travail, sur les sites et les thématiques suivantes :

1. RD 944 / Entre douceur et desserte, quels paysages pour la RD944 ? Entre Pont du Fossé et Orcières. (Isabelle Martel et Clément Vacca)

2. Danser avec le dragon, d'une base à l'autre. Le Drac entre Orcières et Pont du Fossé. (Kim Hoang, Éden Danand et Félicie Thoraval)

3. Quels espaces pour quels publics ? Dans les hameaux de Saint Jean Saint Nicolas. (Maïlys Delpech et Élise Rougé)

4. De l'adret au Drac. Le versant comme lien entre la Coche et Pont du Fossé. (Azilis Groo & Pénélope Thoumine)

5. Habiter les hameaux de la forêt d'Arthouse. (Tuan Tran Margaux Demange & Alice Rouseau)

6. Descendre au village : les nouvelles centralités à Orcières. (Marlon Viard & Camille Simonnet)

7. Prapic/ Laboratoire de la saisonnalité. (Laurent Audibert & Morgane Gervais)

 
 
 
 


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De retour en atelier à Marseille, les étudiants produiront des esquisses qui ne manquent jamais de provoquer le débat puisque ce sont en effet les paysages de demain, qui, par le trait du dessin, se profilent sur les cimaises… une présentation publique aura lieu de vendredi 23 octobre à la maison de la Vallée, Salle Jean-Paul Reynier, à St Jean-St Nicolas  de 14h à 16h.  

Photos : Rémi Duthoit et Mathieu Leborgne, 2020.