Appel à propositions d’articles pour le numéro 24 de la revue Projets de Paysage (parution : juillet 2021)

01 septembre 2020

 
 

Le paysage au prisme du politique

Coordination : Catherine Grout (École nationale supérieure d'architecture et de paysage de Lille, Laboratoire Conception Territoire Histoire Matérialité - Lacth) et Monique Toublanc (École nationale supérieure de paysage, Laboratoire de recherche en projet de paysage - Larep).

Cet appel à textes s’appuie sur une conception du paysage comme entité relationnelle, sensible et symbolique, entre individus, groupes, sociétés et leurs environnements (au sens de ce qui environne), comme une manière d’être au monde, d’y participer (Besse, 2013). Le terme paysage étant l’objet d’une multitude d’acceptions, ce choix vise à offrir un cadre commun aux auteurs afin d’assurer la cohérence d’ensemble du numéro ; par ailleurs, ainsi compris, il ouvre au politique et en cela il paraît topique. Qu’entendons-nous par politique ? Repérer le politique n’est pas chose aisée (Leca, 1973, p. 71). Pour autant, et de façon simplifiée, le mot « politique » est associé ordinairement à trois réalités : « les » politiques publiques (ou l’action publique, en particulier celle de l’État et de son administration, mais aussi celle de collectivités territoriales) dont le paysage peut être une catégorie d’action ; « la » politique et ses acteurs, ceux que l’on nomme les hommes politiques, i.e. ceux qui en ont fait leur métier et dont l’activité est supposée organiser et permettre le fonctionnement de la société, garantir la cohésion sociale ; « le » politique qui renvoie à la vie en société, c’est-à-dire, comme l’indique Hannah Arendt à « la forme d’organisation de la vie commune des hommes » (Arendt, 2007, p. 9). Ceux-ci étant dépendants les uns des autres pour leur existence, il doit y avoir « un souci de l’existence qui concerne tout le monde, sans lequel précisément la vie commune ne serait pas possible » (ibid., p. 10). C’est cette dernière approche qui a retenu notre attention pour ce numéro de Projets de paysage dans lequel nous souhaitons questionner des liens entre le paysage et le politique au sens de polis, cité, espace du « vivre ensemble », art de « faire société », où « l’homme peut agir dans un monde commun » (Arendt, 1997, p. 290) qu’il s’agirait dès lors de reconnaître comme commun.