Classes transversales

 
 

Les transitions, en tête desquelles figure l’énergie, façonnent le monde et les paysages : les modes de vie doivent évoluer vers plus de sobriété, modifiant les cadres de vie. Ces nouveaux paysages sont dessinés par les étudiants concernés par ces transformations. Afin d’accompagner ces travaux sur l’année universitaire 2019 -2020, la chaire paysage et énergie est mobilisée de façon plus centrale dans la formation initiale de l’ENSP, en particulier en DEP 3, lors de la production des Projets de fin d’études (PFE).

 
 
 
 

L’affirmation des transitions comme sujet prioritaire pour le métier de paysagiste concepteur

Définir les conditions de mise en œuvre des transitions dans les projets de paysage est un leitmotiv pédagogique pour l'ENSP. Le changement climatique s'est d'autant plus confirmé ces dernières années par des records de température; 2019 est par exemple la seconde année la plus chaude observée après 2016, d'après l'Organisation Météorologique Mondiale (OMM)[1].

La Chaire Paysage et énergie alimente l'enseignement de l'ENSP depuis sa création en 2015. De 2015 à 2018, elle contribue essentiellement à la dernière année de la formation de paysagiste, dite alors DPLG 4, par l'organisation de workshops, de voyages d'étude et d'accompagnement pédagogique via les Ateliers pédagogiques régionaux (APR) et les diplômes. L'année scolaire 2018-2019 voit la création du post-master « paysage et transition(s) », co-encadré par la Chaire Paysage et énergie. Cette formation professionnalisante, à destination des paysagistes-concepteurs diplômés, ne peut cependant pas accueillir de seconde promotion, faute d'équilibre financier. Considérant cependant l'importance du sujet, l'ENSP propose pour l'année scolaire 2019-2020 en DEP3 la création d'une classe transversale « Transitions » aux classes accompagnant l'élaboration des projets de fin d'études (PFE) déjà existantes : « Nature en ville », « Périurbain » et « Risques ».  

Cette classe transversale « Transitions » a pour objectif de développer la réflexion des jeunes paysagistes concepteurs sur ces nécessaires transformations de modes de vie relatifs à la consommation excessive de ressources. Les conséquences spatiales sont sans équivoque : la sobriété énergétique demande une relocalisation de nos activités (agricoles, de loisir, d'habiter, ...), il nous faut redéfinir notre rapport territorial à la visibilité (ou non) des chaines de valeur énergétiques (de la production à la consommation) ou encore imaginer des espaces publics permettant de mettre en scène ces nouvelles façons d'exister. En proposant ces temps de formation au moment de la maturation du PFE, l'ENSP favorise, pour les étudiants, la construction d'un esprit critique en rapport avec ce sujet d'actualité.  



[1] https://public.wmo.int/fr/medias/communiqu%C3%A9s-de-presse/l%E2%80%99omm-confirme-que-2019-se-classe-au-deuxi%C3%A8me-rang-des-ann%C3%A9es-les-plus

 
 
 

Des apports professionnels engagés et diversifiés

La classe transversale comprend trois journées d'échange autour d'interventions de professionnels : chercheurs, associatifs, philosophes, paysagistes, ingénieurs, urbanistes, ... Les étudiants sont invités à rebondir, exposer leurs réflexions et l'évolution de leurs PFE.

Le 6 février 2020 a permis d'introduire de façon imbriquées les notions de projet de paysage et de transitions, et de donner quelques outils pour vérifier et développer ces connaissances : l'outil de recherche Zotero (voir le dépliant ici) et une rétrospective des travaux des diplômes de l'année passée au prisme des transitions. Les étudiants ont à cette occasion présenté leurs sujets de diplôme par classe, en y introduisant une analyse thématique.

La seconde journée, celle du 9 avril, interroge la sobriété du projet de paysage et, de façon plus frontale, des modes vie.  « La sobriété est la clé pour déboucher vers une vie meilleure, les priorités dans ce cadre n'y seraient pas les mêmes qu'aujourd'hui » nous rappelle Dominique Bourg, philosophe et intervenant lors de l'échange par visioconférence.  Charlotte Tardieu, du Cler, et Isabel Claus, ingénieure paysagiste, font état des avancées les plus récentes articulant paysage et transition concernant des territoires à énergie positive (TEPOS). Julien Dossier, fondateur de Quattrolibri, présente la fresque contemporaine de celle du Bon Gouvernement de Lorenzetti qu'il a élaboré comme un outil de dialogue pour engager les transitions. « Ce que je défends ici, c'est une stratégie de renaissance dans laquelle on va pouvoir amorcer ces nouveaux usages avec des investissements faibles », propose-t-il.

Enfin, la dernière séance de cette classe transversale, le 28 mai 2020, invite les étudiants à prendre le virage de la résilience paysagère par les expériences croisées de concepteurs et chercheurs. Les sciences sociales sont particulièrement centrales pour détailler les mécaniques de changement des comportements dans cette perspective (Alain Nadaï et Laure Dobigny). Les architectes-chercheurs Roberta Pistoni et Frédéric Rossano présentent des cas européens emblématiques de partis pris territoriaux résilients. Marti Franch et Héloïse Bouju, paysagistes, amènent leurs réflexions autour des écotones productifs.

 
 
 
 

Capitaliser les colorations des diplômes vis-à-vis des transitions

Ces temps de partage sont bienvenus, puisqu'ils semblent faire « beaucoup réagir » intervient une étudiante de DEP3. Les transitions sont largement identifiées par les étudiants, puisque « [leur] génération baigne dedans, donc [elle] va forcément en parler », affirme un autre. Cependant, elles peuvent être envisagées selon d'autres possibles que ceux initialement prévus pour les diplômes à travers ces approches.

Une lecture sur deux ans de l'appréhension des transitions par les étudiants paysagistes mature. En effet, une étude analysant les angles choisis pour traiter les transitions est engagée par le Larep et la Chaire, suite à la conférence « que fait le changement climatique au métier de paysagiste ? » de décembre 2019, à l'occasion de la remise des diplômes de la promotion 2016-2019.

 
 
 
 


 
 
 
 


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