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Ecole nationale supérieure du paysage de Versailles
Laboratoire de recherches

Actes des séminaires «Etapes de recherches en paysage»

Numéro 4, novembre 2001





Préface

par Pierre Donadieu


Le séminaire de novembre 2001 a réuni à Créteil deux groupes de chercheurs sur le thème des paysages urbain et périurbain, les uns issus de l'Institut d'urbanisme de Paris, les autres du laboratoire de recherches de l'École nationale supérieure du paysage de Versailles. Il était animé par Patricia Ingallina, Marcel Roncayolo et Pierre Donadieu. La totalité des textes issus de cette journée sera publiée prochainement par les deux institutions.

Pour préparer cette publication, nous avons réuni dans la quatrième livraison de «Étapes de recherches en paysage» les textes des doctorants accueillis par le laboratoire de recherches de l'ENSP. Quatre publications sont consacrées à la ville ­p; des métropoles maghrébines à une station balnéaire bretonne - et deux à des territoires périurbains dans le département d'Ille-et-Vilaine. La moitié évoque des situations bretonnes et l'autre les rives de la Méditerranée (Montpellier, Tunis et Rabat).

En dépit de leur diversité géographique, tous ces travaux répondent apparemment aux mêmes questions : Comment les pouvoirs publics urbains organisent-ils l'espace non bâti de la ville, que chacun continue à appeler la nature et à appréhender avec les mots du paysage et du jardin ? Comment la société habitante noue-t-elle ou renoue-t-elle des relations avec les formes naturelles de cet espace à statut public et privé ?

A Rabat comme à Tunis, la ville européenne n'a-t-elle pas été construite autour d'un système de parcs et d'espaces publics ? Ce processus continue-t-il à être suivi aujourd'hui ? De la même façon, comment, à la même période que celle de l'installation des protectorats français en Afrique du Nord, interpréter les formes répétitives de l'urbanisme balnéaire sur les côtes de l'Atlantique et de la Manche ? Comment expliquer l'exception notable à la règle que constitue la station de Sables-d'Or-les-Pins dans les Côtes-d'Armor ?

Aujourd'hui, de nouvelles relations à l'espace et à la nature semblent repérables ; ils privilégient ici les références picturales et patrimoniales à la nature vivante et spontanée des campagnes (le parc Méric à Montpellier), là à l'identité nationale ou méditerranéenne (Tunis), ou encore à la mémoire locale (les arbres du bocage rennais).

Ce qui semble en débat dans ces articles est, dans chaque cas, autant la forme urbaine que le contexte géographique, historique et politique, dans lesquelles sont pensées et mises en uvre les formes de la nature et du paysage à l'intention des citadins habitants ou nomades. Cependant, observons que tous ces exemples sont pris en France ou dans des pays ayant été sous influence française. Ne faudrait-il pas, pour y voir plus clair, établir des comparaisons avec ce qui s'est passé et se passe aujourd'hui dans les autres pays du monde. Les cas de l'Italie (la restauration des jardins historiques) et de l'Afrique du Sud (la ville du Cap) s'étaient révélés riches d'enseignements (Étapes n° 3).