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Ecole nationale supérieure du paysage de Versailles
Laboratoire de recherches

Actes des séminaires «Etapes de recherches en paysage»

Numéro 3, décembre 2000





Préface

par Pierre Donadieu


Au cours de ce troisième séminaire «Étapes de recherches en paysage» auquel assistaient une trentaine de chercheurs, les sujets abordés ont concerné trois grandes questions. Comment penser l'avenir des jardins historiques et des paysages culturels ? Quels sont les fondements, paysagers ou non, des identités territoriales selon les cultures ? Peut-on cerner la demande sociale de paysage et d'environnement dans les régions périurbaines ?

La première question est introduite par une réflexion théorique de Cristina Iamandi sur la distinction à faire entre la restauration d'uvres d'art comme les monuments historiques et la reconstruction ou la restitution de jardins historiques et de paysages culturels. Elle montre, avec l'apport de théoriciens italiens, qu'il faut choisir entre la restauration d'un état de l'uvre de l'artiste (jardin ou monument) et l'évolution nécessaire des territoires vivants soumis à des usages sociaux et économiques. À Montpellier, au parc Méric, conçu par le peintre Bazille, Gaelle Aggeri indique que les lieux ont été reconstruits en tenant compte des objectifs naturalistes des gestionnaires de la ville. De même, dans le site prestigieux des falaises de la Roche Guyon abandonné par les agriculteurs, Nathalie Dumont-Fillon précise comment l'espace a été classé et comment sa gestion s'oriente vers la conservation de son patrimoine naturel exceptionnel, qui impliquera une reconstruction (des pelouses sèches menacées) plutôt qu'une restauration.

La seconde question concerne les fondements historiques de la production des représentations d'un territoire. Au Cap, Ron Van Oers analyse la trame historique de rues et de jardins, qui a été à l'origine de la ville et concourre à l'image de la «cité dans la vallée» aujourd'hui altérée. En revanche dans la culture gaúcho sud brésilienne, Claudia Pétry fait apparaître le rôle fondateur des missions jésuites pour rendre compte de la figure emblématique de l'Indien dans l'identité régionale des Pampas. Ces références vernaculaires apparaissent cependant peu dans l'analyse comparative des images de paysage du Vésuve et du Puy de Dôme, nées sous le pinceau des peintres ou la plume des écrivains à l'intention des voyageurs que livre Antonella Tuffano.

La dernière question est contemporaine. Comment rendre compte des relations qui se construisent entre un espace et la société qui l'habite ? Séverine Steenhuyse, sur les bords de l'étang de Berre, précise les contours d'une demande ethno-anthropologique fondée sur les dires des habitants. De manière plus géographique, Samuel Périchon cherche à expliquer socialement la diversité des images de la région périurbaine de Rennes, où régressent les haies des bocages. Enfin, Kim Desjardins, dans la ville nouvelle de Melun-Sénart révèle les rapports qui s'installent entre les entrepreneurs des zones d'activité et la campagne environnante.

Ces travaux représentent, les uns des étapes transitoires de thèse, les autres des résultats achevés de doctorat. Ils contribueront tous à enrichir un nouveau champ de recherches qui se constitue au carrefour, d'une part de l'étude des représentations et des pratiques sociales et culturelles de l'espace, d'autre part des dynamiques et des politiques territoriales.