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Ecole nationale supérieure du paysage de Versailles
Laboratoire de recherches

Actes des séminaires «Etapes de recherches en paysage»

Numéro 1, décembre 1999





Préface

par Pierre Donadieu


Depuis plusieurs années, le laboratoire de recherche de l'École nationale supérieure du paysage de Versailles organise un séminaire annuel où les étudiants inscrits en thèse présentent l'état d'avancement de leur travaux. À la fin de 1999, dans le cadre des conventions qui associent le laboratoire de l'Ensp à la formation doctorale «Jardins, paysages, territoires» de l'École d'architecture de Paris-la-Villette et de l'Université Paris 1, mais aussi à l'École doctorale «Agriculture, Alimentation, Biologie, Environnement et Santé», ce séminaire a élargi ses horizons à d'autres collaborations, notamment avec l'Inra de Versailles. Il a également bénéficié de la participation de Bernard Kalaora, sociologue et conseiller auprès du Conservatoire de l'espace littoral et des rivages lacustres.

Les travaux qui sont présentés dans ce document correspondent à des étapes très différentes de recherche. La plupart (Vidal, Bennani, Dumont-Fillon) traduisent des débuts de thèse (environ un an), des parcours de recherche déjà avancés (Lambrey, De Courtois) ou des soutenances imminentes (Mahaud, Bouraoui). L'un d'entre eux résume des travaux de jeune docteur (Latiri).

Les thèmes abordés sont, à l'image de la recherche en paysage en développement, très divers et géographiquement dispersés. Les travaux sur la Bretagne abordent la question de l'identité des territoires régionaux à travers la question de la construction et du devenir des paysages morbihanais de pinèdes (Mahaud) ou de ceux du lotissement des Sable-d'Or, dans les Côtes-d'Armor, édifié à la fin des années 1920 (Vidal). Les recherches sur les régions de marais (Brouage, Marais vernier, Les Échets près de Lyon) décrivent les relations évolutives entre d'une part les territoires de marais agricoles, desséchés ou non, qui s'ouvrent aux pratiques de loisirs et de tourisme, et d'autre part les habitants permanents, les résidents secondaires et les visiteurs (Lambrey, Dumont-Fillon).

En Afrique du Nord, trois thèses abordent des problèmes de paysages ruraux, périurbains ou urbains. L. Latiri éclaire pour la première fois la question des fondements historiques de la culture paysagère dans la société islamique, en l'étudiant également dans la réalité sociale actuelle du Sud tunisien. M. Bouraoui compare la situation des territoires périurbains agricoles dans les banlieues de Paris (Saclay) et de Tunis (Sijoumi) en montrant le décalage des évolutions sociales et spatiales, et des politiques publiques. M. Bennani cherche à rendre compte de l'installation d'un système urbain dans les villes marocaines du Protectorat à travers un système de parcs publics, en montrant notamment que c'est la référence à l'art des jardins qui a permis de construire l'identité de la ville coloniale. Enfin S. de Courtois cerne la figure historique de l'horticulteur Soulange-Bodin, au moment où ce mot apparaît pour la première fois en France, au début du XIXe siècle, avec le savoir scientifique et technique correspondant.

Ces travaux de recherche, comme ceux qui sont financés et programmés par le Ministère de l'Environnement dans les trois prochaines années sur la question des politiques publiques de paysage, devraient permettre d'améliorer ou d'affiner les réponses apportées par les opérateurs publiques comme par les paysagistes aux questions formulées en termes de paysage, de patrimoine et de cadre de vie.