Ecole nationale supérieure du paysage de Versailles
Laboratoire de recherches
Actes des séminaires
«Etapes de recherches en paysage»
Numéro
3, décembre 2000
Gaelle Aggeri :
«La nature sauvage et champêtre dans les villes. Origine
et construction de la gestion différenciée des espaces verts
publics et urbains : le cas de la Ville de Montpellier».
Résumé (1)
A partir des années 90, de nombreux professionnels du paysagisme
ont participé en France et en Europe à la naturalisation de
l'espace vert public dans la ville ; ce mouvement a été qualifié
parfois de "retour au naturel ".
Animés par le souci d'appliquer des méthodes plus respectueuses
de l'environnement et soucieux d'offrir aux citadins une variété
d'espaces de nature allant du jardin sophistiqué à l'espace
d'aspect sauvage, les ingénieurs des services d'espaces verts des
agglomérations ont expérimenté la "gestion différenciée
" de leur patrimoine vert.
Cette nouvelle conception de l'espace vert public a émergé
en France dans les années 75 et a commencé à être
vulgarisée, à la lumière des politiques de villes durables,
dans plus de 200 collectivités à la fin des années
90.
Parallèlement à cette nouvelle approche essentiellement technique,
l'évolution de l'idée de la nature urbaine revendiquée
par les gestionnaires des services d'espaces verts a entraîné
la création de nouveaux projets de parcs publics alternatifs, dont
les images et les usages sont à fortes références champêtre
et sauvage. En l'absence de recherche antérieure sur la signification
culturelle de la gestion différenciée, cette étude
porte autant sur l'origine que sur la construction matérielle et
symbolique de ce nouveau type de nature. Nous avons illustré ces
espaces urbains dits naturels par l'exemple particulier de deux parcs publics,
le Parc Méric et le Parc de la Lironde, emblématiques de la
gestion différenciée pratiquée par le service d'espaces
verts de la ville de Montpellier.
L'hypothèse que nous voulons vérifier est que la mise en uvre
de la gestion différenciée, avatar philosophique et esthétique
du wild garden anglosaxon du XIXe siècle imprégné
des valeurs contemporaines durables, a contribué à la construction
de nouveaux territoires urbains publics aux références champêtres
et sauvages. Ceux-ci ont été dessinés et gérés
par les ingénieurs des services d'espaces verts de nombreuses villes
dans la dernière décennie selon de nouveaux modèles
de parcs intégrant des intentions écologiques et esthétiques.
Mots-clés : espaces verts, gestion différenciée, idée
de nature, wild garden, Montpellier
(1) Ce résumé est celui de la thèse de Gaelle Aggeri,
soutenue le 8 juin 2004 à l'ENGREF-Paris